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mands. Véritables reîtres, ceux-ci entrent au milieu du fracas et des injures, Mlle Chéron écarte sans se troubler leurs menaces et résiste à leurs exigences. Grâce à elle, le village dont elle a la garde est épargné.

Le 12 septembre les Allemands font demi-tour et sur leurs talons, nos troupes rentrent. Personne pour assurer à nos soldats harassés la nourriture et le repos dont ils ont tant besoin… personne autre que Mlle Chéron. Elle se met donc à la disposition de l’autorité militaire et elle organise dans d’excellentes conditions les services du cantonnement et du ravitaillement. Mais voici qu’elle s’élève plus haut encore dans la maîtrise de soi-même lorsqu’elle prend l’initiative des mesures relatives à l’identification et à l’inhumation de nos soldats. Quelle belle et douloureuse tâche, bien digne d’une mère ! mais quelle volonté il faut à des nerfs de femme pour l’assurer sans faiblir !

Voici une belle et touchante physionomie, digne de la légende dorée : Marie Rosnet, sœur de l’ordre de Saint-Vincent-de-Paul, en religion sœur Gabrielle. Un visage doux et calme où fleurit parfois le fin sourire de France, une volonté indomptable sous des apparences débonnaires, un courage naïf et comme inconscient. Tels sont les plus remarquables traits de sa physionomie.

Elle est, au début de la guerre, supérieure de l’hospice de Clermont-en-Argonne. La petite ville de Clermont, située en un site pittoresque et, autrefois, jolie et florissante est une de celles sur laquelle s’acharna le plus la fureur des Vandales.