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sans arrêt. Toutes les maisons sont touchées la plupart s’effondrent sous la rafale.

La mairie, placée un peu en retrait de la maison voisine est, par extraordinaire épargnée mais tous ses carreaux sont brisés par les balles.

Mme Fiquémont reste à son poste avec un petit garçon de cinq ans, son neveu et sa fillette âgée de six ans. À la mairie, les murailles tremblent et menacent de s’écrouler sur elle. Une pluie de balles y pénètre ; de temps en temps, quand l’averse est trop forte, la courageuse femme descend à la cave, puis reprend bien vite son travail. Trois obus éclatent dans la cour, juste à côté d’elle, un autre éclate dans sa chambre à coucher.

Rien ne peut avoir raison de son courage.

Et quand le 24 septembre, le maire, plus souffrant doit quitter Taissy, toute l’administration de la commune retombe sur sa remplaçante.

Mme Fiquémont a bravé les terreurs du bombardement. Ce n’est pas l’épreuve la plus dure.

Quelques mois plus tard elle apprend que son mari est mort au champ d’honneur. Et sa grande douleur ne fait qu’aviver en elle la soif de dévouement. Plus que jamais elle travaille pour ses concitoyens et toujours exposée au bombardement (car depuis septembre 1914 nous n’avons guerre gagné que 1 kilomètre dans la région) assure sans jamais défaillir un écrasant service. Ne mérite-t-elle pas amplement la citation qui en mars 1916 l’a ainsi distinguée ?

« En l’absence de toute municipalité a administré cette localité journellement bombardée. Est parvenue, par son dévoue-