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fait n’est commise sur les habitants, aucun immeuble détruit. Nul n’a trop à souffrir de l’occupation. Mais depuis le 10, de mauvaises nouvelles arrivent aux Allemands. C’est l’écho de la Marne qui se rapproche et grandit.

Les Allemands perdent de la bonne grâce relative, qu’ils ont jusqu’alors montrée.

Avec fièvre, avec désarroi, avec colère, ils préparent leur inévitable évacuation. Il leur faut des chevaux, préparés pour le départ. Le soir du 11 septembre à 9 heures, deux officiers se présentent à la mairie où, selon son habitude travaille encore Mme Fiquémont. Avec hauteur ils réclament à celle-ci des écuries pour loger 400 chevaux. La « mairesse » s’étonne. C’est tout à fait impossible dit-elle. Où trouver la place dans une si petite localité ? Impossible n’est sans doute pas allemand, en certaines circonstances. Les soudards insistent, s’emportent, passent aux injures, puis à la menace et par une suprême délicatesse, ils s’expriment en français. Mme Fiquémont cependant tient tête à l’orage et, sans doute, la lumière de son bon sens finit-elle par percer les épaisses ténèbres des cerveaux teutons.

Les officiers s’éloignent… pour ne plus revenir.

Le 12 à huit heures du soir nos troupes reparaissent. Mme Fiquémont les accueille avec joie… Mais les épreuves et les périls ne sont point passés encore.

Depuis lors, en effet, Taissy se trouve sur la ligne de feu. Ce ne sont, le jour comme la nuit qu’attaques et contre attaques dans le village et aux alentours. Du 12 septembre au 19 octobre, le bombardement sévit,