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saisissent 160 otages parmi lesquels le maire de la commune.

Sans hésiter, l’institutrice va trouver les autorités allemandes et elle réussit à obtenir la mise en liberté du maire et de soixante des otages.

C’est un rôle analogue et plus héroïque encore que jouent Mlle Sudre à Saint-Dié et Mlle Bouret aux Mérêts (Seine-et-Marne). La première, au moment de l’entrée des Allemands à Saint-Dié et alors qu’on se bat encore dans la rue d’Alsace, se propose comme parlementaire et remplit son rôle au milieu des plus grands dangers. Restée par la suite à Saint-Dié malgré l’effroyable bombardement de septembre, elle périt victime de son dévouement et de sa charité. « Réfugiée dans une cave avec d’autres personnes, dit la citation dont elle est l’objet, elle a tenu, au plus fort du bombardement à aller chercher des couvertures pour un petit enfant qui se plaignait du froid. C’est en quittant la cave qu’elle a été mortellement frappée par un éclat d’obus… »

Aux Mérêts, tandis que la population presque tout entière s’enfuit, Mlle Bouret demeure. Elle se rend à la mairie et s’y tient pendant l’occupation allemande, évitant ainsi la destruction du village. Mais vient le mois de septembre, l’arrêt de la poussée allemande et le reflux. Les Mérêts se trouvent dans la zone de la grande bataille. Elle se livre acharnée dans les rues et un incendie éclate, dévorant bientôt la mairie. Mlle Bouret a le courage et la présence d’esprit de sauver les registres de l’État Civil dont elle s’est improvisée la gardienne.