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était « allé mettre ses filles en sûreté. » On ne l’avait plus revu. La plus grande partie de la population suivit l’exemple parti de haut. Quelques personnes cependant restèrent et parmi elles le receveur de l’enregistrement et sa femme.

Les ennemis entrèrent à Nanteuil en grand tumulte. Une à une ils venaient de trouver les bornes fontaines à sec.

Or on sait que, de ces cas là, le ressentiment germain excelle à faire une provocation. Le général descendit en fulminant à la mairie. « Où est le maire, où sont les conseillers municipaux ? » Nul ne peut répondre à ces questions et l’on voit la colère empourprer le visage de l’officier allemand. Que va-t-il se passer ?

Heureusement Mme L… qui d’origine alsacienne possède parfaitement la langue de Goethe se présente devant le général. Elle remplacera maire et conseillers. Tout de suite on perçut une détente dans l’allure impérieuse du chef étranger quand il s’entendit parler dans sa propre langue.

— Pourquoi la population civile a-t-elle quitté la ville ; demande le chef.

— Mon général, vous devez le savoir mieux que personne, réplique froidement Mme L…

— Comment cela ?

— Certes, vous n’ignorez pas ce dont on accuse vos soldats.

Sans doute le teuton revoit par la pensée les villes incendiées, les civils massacrés, les foules affolées se