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III


Les « Mairesses » des cités envahies


Les institutrices de la Marne. — Les Sœurs de Charité de l’Est. — Madame Macherez.


Aux féministes soutenant que la femme est capable d’administrer la cité, partant le pays, la guerre a fourni un argument irréfutable, comme aux adversaires de l’émancipation, une réplique péremptoire. Ce que, depuis un quart de siècle, Anglaises, Finlandaises, Américaines, ont fait en temps de paix, les Françaises l’ont accompli en temps de guerre, parmi le désarroi inévitable de la mobilisation ou les horreurs tragiques de l’invasion. En des villages privés par l’appel de la frontière de tous les hommes instruits ; en des villes abandonnées par leurs chefs naturels, des femmes se sont levées. Et comme une veuve défendrait dans les luttes quotidiennes de la vie ses enfants et son foyer elles ont su, privées de l’appui et des conseils masculins, sauver leur ville et protéger leurs concitoyens.

Mlle Migeot, institutrice à Lalobbe (Ardennes), est l’une des premières à donner le haut exemple. Au mo-