Page:Abensour - Les vaillantes, 1917.djvu/17

Cette page n’a pas encore été corrigée


êtes effacé, avec une modestie dont une certaine habileté n’est pas absente, derrière les faits, auxquels vous avez laissé la parole et que vous avez su grouper selon les règles d’une claire et lumineuse coordination.

Ordonné et documenté, précis et méthodique, votre livre a un autre mérite, qui lui donne son véritable caractère, et qui, j’en suis sûr, contribuera à son succès : il est impartial. Quand je l’ai eu achevé, j’avais une idée, très favorable, de votre talent, mais je ne savais rien de vos opinions politiques, de vos croyances religieuses ou de vos conceptions sociales. Je vous félicite de cette neutralité : elle a été la condition et la forme de votre justice. Ouvrière ou paysanne, institutrice ou religieuse, employée ou grande dame, Parisienne ou provinciale, Française ou alliée, la femme que la guerre a faite, et qui, à sa façon, a fait la guerre, a trouvé en vous la même équité bienveillante et ferme. Pour vous incliner devant une robe, riche ou pauvre, laïque ou confessionnelle, il vous a suffi de savoir qu’elle était portée avec dignité.

Vos conclusions sont prudentes. Vous avez exposé le présent sans trop engager l’avenir, mais vous n’auriez dit ni toute votre pensée ni toute la justice si vous n’aviez pas indiqué que ce présent, plein de promesses, commandera l’avenir. La femme, en s’imposant des devoirs nouveaux, s’est créé à de nouveaux droits