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Mais il ne s’agit pas seulement de raisons sentimentales. Les Françaises se sont abstenues parce que le Congrès ne leur semblait pas présenter toutes les garanties d’impartialité nécessaires en un pareil moment. Qu’est-ce en effet que cette proposition d’armistice timidement lancée puis retirée ? Qu’est-ce que cette clause restrictive qui précède le programme ? « Toute discussion sur les causes de la guerre, sur la façon dont elle est conduite est interdite ». Qu’est-ce que « la condamnation de toute annexion en dehors de la volonté exprimée des administrés ? « 

La tournée de visites entreprise peu après le Congrès par Miss Adams et Arletta Jacobs auprès des ministres des affaires étrangères des belligérants, n’a pas recueilli non plus l’adhésion des Françaises.

À la fin de l’année 1915, nos féministes, restées fidèles au même sentiment, déclaraient encore repousser toute paix prématurée.

« C’est par amour de la paix, dit Mme de Schlumberger, que les femmes, mères et sœurs de France doivent avoir le courage de ne pas pousser actuellement à une paix défectueuse qui ne serait pas durable.

« C’est par horreur de l’esprit militariste… qui a affolé les dirigeants d’Allemagne, que nous ne pouvons pas demander de cesser la guerre sans que cet esprit maudit soit brisé et que son danger mondial soit écarté.

« C’est parce que nous avons cru possible autrefois une organisation du monde par la paix et une entente des États pour la maintenir en dehors de la ruineuse paix