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les partis l’unanimité de leur conscience nationale, leur fière résolution de ne pas faire un geste que l’étranger puisse interpréter comme le signe de découragement resteront un de leurs plus beaux titres de gloire.

Dès que l’idée du congrès fut lancée, les féministes françaises notifièrent aux organisatrices leur abstention. À la Haye, on parla seulement de « difficultés » (entendez de communications) qui s’opposaient à la participation des Françaises.

Pour forcer à entendre les oreilles les plus sourdes, à comprendre les intelligences les plus épaisses, les membres du Conseil National et de l’U. F. S. F. rédigèrent alors un manifeste conçu dans les termes les plus explicites.

Ce manifeste s’adresse aux femmes des pays neutres et des pays alliés. En voici le passage capital : « Comment nous serait-il possible à l’heure actuelle de nous rencontrer avec les femmes des pays ennemis, pour reprendre avec elles le travail si tragiquement interrompu ? Ont-elles désavoué les crimes politiques et de droit commun de leur gouvernement ? Ont-elles protesté contre la violation de la neutralité de la Belgique ? Contre les atteintes au droit des gens ? Contre les crimes de leur armée et de leur marine ? Si leurs voix se sont élevées c’est trop faiblement pour qu’au delà de nos territoires violés et dévastés l’écho de leur protestation soit allé jusqu’à nous. Nous ne pourrons reprendre notre collaboration que lorsque le respect du droit sera devenu, pour elles comme pour nous, la base de toute action sociale ».