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convenu lors du Congrès de Budapest, celui-ci se tiendra à La Haye. Un appel est adressé aux citoyennes de tous les pays affiliées à l’Alliance internationale pour le suffrage des femmes. L’occasion n’est-elle pas unique de manifester dans le malheur commun des sentiments d’universelle solidarité ? L’alliance refuse il est vrai d’intervenir officiellement. Mais des féministes de divers pays se rendent à La Haye à titre individuel. Notons les chiffres qui ont ici une signification profonde. « La Hollande envoya environ 1 000 délégués. Les États-Unis en envoyèrent 47, l’Allemagne 28, la Suède 16, la Norvège 12, la Hongrie 9, l’Autriche 6, le Danemark 6, la Belgique 3, la Grande-Bretagne 3, le Canada 2, l’Italie 1. Les 180 membres déléguées par la Grande-Bretagne ne purent assister au Congrès en conséquence de la fermeture de la Mer du Nord » [1]. Ainsi les circonstances politiques et militaires voulurent que ce congrès fut en fait un congrès des femmes de l’Europe centrale, plus ou moins imprégnée d’esprit germanique.

Les Anglaises qui, trop généreuses ou trop crédules, auraient favorisé les desseins allemands [2], durent malgré elles s’abstenir. À donner leur adhésion, les Russes ne songèrent jamais. Les femmes serbes se déclarèrent « bien décidées à ne rien faire qui put gêner leurs maris et leurs fils dans l’accomplissement de leur devoir le plus sacré ». Et quant aux Françaises de tous

  1. Jus Suffragii. Numéro de juin 1915.
  2. La principale association féministe d’Angleterre avait d’ailleurs, par la plume de Mrs Fawcet, formellement désapprouvé toute participation au Congrès.