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la promulgation des lois du 22 mai et du 10 juillet 1915 réalisant cette réforme tant attendue : la fixation d’un minimum de salaire pour les ouvrières à domicile.

Les bulletins de l’Office du Travail nous montrent en voie d’application cette réforme à Paris comme dans les départements. Partout des Conseils du travail ou à leur défaut, des Comités spécialement formés, « composés en nombre égal de patrons et d’ouvriers ou ouvrières », ont relevé les salaires, de façon à égaliser la moyenne du salaire aux pièces au salaire à la journée. Sans être encore largement payées, les ouvrières à domicile cessent d’être les parias de l’industrie. Il a fallu l’action persistante des femmes — et la guerre — pour obtenir une réforme, nécessaire depuis trois quarts de siècle.

Au concept de charité, sublime certes, mais surtout à sa place dans les sociétés imparfaites, substituons, pensent les féministes, le concept de solidarité, plus juste et plus fécond. Les résultats seront merveilleux. L’esquisse que nous venons de tracer de leur activité économique semble justifier cette idée.

Une question, enfin, préoccupe, passionne les féministes. C’est l’après-guerre, c’est-à-dire la reconstitution d’un pays plus riche, se développant par ses seuls moyens. Comme bien d’autres, les féministes se sont dit que la victoire serait stérile si l’on laissait reprendre aux Allemands la place qu’ils tenaient dans notre vie