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due à la plume de Steinlen), l’office fait connaître son existence et les services qu’il peut rendre.

Aussi, depuis sa créaction, l’office a-t-il dressé six cent mille fiches, fait trois cent mille recherches et pu fournir soixante mille renseignements. Combien de détresses consolées, de larmes maternelles essuyées, de sourires d’épouses refleuris, représentant les austères casiers où s’entassent dans un ordre parfait lettres et fiches ! C’est ce que nous permet de deviner la lecture de centaines de lettres débordantes de reconnaissance. « Grâce à vous écrit l’un, j’ai retrouvé ma femme et mes cinq enfants ». « Retrouver son frère, après avoir été depuis le 1er août sans nouvelles de sa famille ! quelle joie ! » écrit un soldat originaire de Lille. Et devant ces documents tout palpitants de vie, on ne sait si l’on doit admirer plus le sens pratique de celles qui dirigent cette œuvre, ou leur bon cœur.

L’U. F. S. F. a compati à une autre infortune : celle des Alsaciens-Lorrains, officiellement allemands et pourtant de cœur si français. Au nombre de 15 000 au début de la guerre, ils durent subir la dure loi commune et peupler des dépôts. Mme de Witt Shlumberger, elle-même d’origine alsacienne, réussit avec l’aide des notabilités de la Lorraine et de l’Alsace françaises, à former l’Association pour l’Aide Fraternelle aux réfugiés et évacués Alsaciens-Lorrains. Il s’agissait d’améliorer leur situation matérielle et morale et, pour ce, de visiter leurs dépôts. Les groupements provinciaux de L’U. F. S. F. permirent, et permirent seuls, l’organisation rapide des comités nécessaires. Ceux-ci fournissent leurs rapports