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abréger pour nos blessés des premières semaines la longueur interminable de l’évacuation.

Le blessé arrivé à destination c’est la Croix-Rouge encore qui l’accueille. Dans les hôpitaux en effet tous les services ont été assurés par des femmes professionnelles ou volontaires. Service médical, économat, administration, cuisines, partout elles s’empressent actives et dévouées.

La plupart des femmes ne purent, faute d’éducation technique et de pratique, faire immédiatement de vraies infirmières. Elles se rejetèrent avec ardeur vers les plus humbles fonctions.

Les autres se sont astreintes à des mois de longues et difficiles études, à la préparation d’examens compliqués à tout un apprentissage parfois très dur.

L’initiation subie, elles ont pu soigner les blessés, subir la discipline militaire et monastique qu’elles appelaient de tous leurs vœux.

La tâche est dure en effet et bien peu de femmes auraient osé, en temps de paix s’assigner une telle vocation. Pendant les périodes de calme, ce sont les longues nuits de veille dans les grandes salles où, quand parfois rode la clarté de la lune, les blessés prennent sous sa pâle caresse un aspect plus terrible ; les longues heures d’attente où l’oppressant silence n’est interrompu que par le râle des mourants. Après chaque grand choc ce sont les arrivées des trains de blessés qui se succèdent sans repos, sans trêve, chaos atroce qu’il faut débrouiller, jusqu’à ce que les nerfs se détendent que les courages fléchissent, que les corps tombent épuisés. Tel fut