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Or, quelle apparaît tout d’abord pour une femme la manière la plus utile, la plus noble, la plus glorieuse de collaborer à la proche victoire puis d’aider à la défense nationale ? Soigner les blessés : on pourra peut-être avoir la chance d’être dans une ambulance du front, et l’on partagera en partie la vie et les dangers des combattants. À l’arrière même on entendra des échos de la bataille, affaiblis mais grandioses encore et ce sera un peu vivre la lutte que d’en entendre par les acteurs eux-mêmes, dans l’horreur de la souffrance, raconter les mille péripéties qu’on imagine d’abord magnifiques, éclatantes, chevaleresques, pleines de panache comme une page de d’Esparbès ou un tableau de Détaille. Auprès des soldats on se frottera de péril et de gloire et la tâche entrevue se pare d’un magique attrait. L’infirmière penchée sur le jeune blessé, la blanche main qui soulage, les romans qui se nouent autour des lits de repos dans les grandes salles claires, merveilleux sujet de chromo, tableau idyllique dont l’évocation exalte ! Et, dans le rôle d’infirmière la femme voit l’apostolat, sa valeur esthétique, sa beauté morale, oubliant le métier, son apprentissage pénible, ses petits côtés rebutants. Cela seul explique l’unanimité impressionnante avec laquelle, aux deux premiers mois de la guerre, les femmes, mondaines ou bourgeoises, souvent peu préparées à leur tâche, se précipitèrent, concurremment avec les professionnelles, vers les organisations sanitaires de l’arrière et du front.

Multiples sont les tâches qui les attendent, dans toutes les gares et haltes de France elles vont réconforter les soldats qui montent vers le front, soigner les blessés