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matériel 500 châssis automobiles pour le transport rapide des blessés et loue près de 1 500 immeubles nouveaux à Paris, sur les côtes d’Azur, d’Émeraude ou d’Argent, dans les grands centres provinciaux et jusque dans les plus petites villes. Lycées, Écoles Normales, grands Hôtels, grands Magasins se couronnent à l’envie de l’oriflamme de Genève.

Neuf jours après la déclaration de guerre, la moitié des hôpitaux étaient prêts à fonctionner.

Pourtant les prévisions se trouvèrent de beaucoup dépassées. « L’on se trouva subitement, dit un historien de la Croix-Rouge obligé de pourvoir aux blessures causées dans une armée de deux à trois millions d’hommes par les balles et par l’artillerie la plus formidable ». Par suite de l’entrée en jeu d’armes nouvelles, les risques se sont multipliés de 1 à 200… Nos blessés vont-ils rester sans soin [1] ? » Non, car « là comme ailleurs, continue le même historien, tout fut sauvé par le Miracle français ». Appelons miracle, si l’on veut, les dons d’initiative, les qualités d’improvisation qui, latentes chez le Français comme chez la Française savent se révéler à l’heure du danger. Mais avec ou sans intervention surnaturelle, il est constant qu’aux premières heures de la guerre une ardeur inextinguible de dévouement, une passion de rivaliser avec nos combattants, une soif de « servir » élevèrent très haut les femmes de France comme tous les Français et Françaises de tous les âges et de toutes les conditions.

  1. Frédéric Masson. Les Femmes et la Guerre de 1914.