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paroissons des conspirateurs, donnez-nous des tribunaux ; si vous nous trouvez irréprochables, hâtez-vous, messieurs, de le dire au peuple, sur la confiance duquel votre zèle et votre patriotisme vous ont donné de justes droits. »

« Nous, etc. (1). »

Six jours se passèrent sans que le jugement fût prononcé. Les membres du Club se résolurent à reprendre sous peu leurs séances. Ils en avertirent le maire de Paris, par une lettre qui accuse les membres du corps municipal de « partialité cruelle. » « Le 15 mars 1791.

« Lettre du directoire de la Société des Amis de la Constitution monarchique^ à M. le maire.

« Monsieur,

« Nous attendons depuis un mois la décision du corps municipal. « Si nous étions coupables à ses yeux, il nous auroit déjà mis entre les mains des tribunaux. Son patriotisme est trop connu pour qu’on puisse l’accuser d’insouciance sur de véritables délits. Mais, monsieur, si l’on ne peut sans une sorte de complicité retarder la punition du crime, on ne peut pas davantage, sans une partialité cruelle, retarder la justification de l’innocence. « Quoi qu’il en soit, monsieur, nous ne pouvons ni ne voulons faire dépendre plus longtems l’exercice d’un droit sacré, de l’attente d’une décision que nos demandes réitérées n’ont encore pu nous obtenir. La Société peut sans doute se rassembler, sans que pour cela les poursuites des sections accusatrices rencontrent le moindre obstacle. Aucun de nous n’a le désir de se soustraire à leur effet ; et vous avez pu voir, monsieur, que depuis les premières attaques nous avons mis autant d’empressement à être jugés que nos calomniateurs ont mis de lenteur et de faiblesse à provoquer une décision sur laquelle la conscience de leur iniquité et de votre justice ne permet pas d’être aussi rassurés que nous.

« Ces considérations nous décident à reprendre nos séances sous peu de jours. Fidèles au système de loyauté et d’amour pour l’ordre que nous avons toujours suivi, nous avons l’honneur de vous prévenir de notre résolution. Nous vous indiquerons d’une manière positive l’époque et le lieu de nos séances, afin que la protection qui (1) Journal de ta Société des Amis de la Constitution mo7iarchifjtie, t. 11, n" 13 du 12 mars 1791, p. 2.