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Ces lignes se trouvaient dans un numéro du journal publié par le Club monarchique. Il ne fut pas répondu à cette note. Mais un grand mouvement d’opinion contre les monarchistes avait lieu, soit à Paris, soit dans les départements. Les Jacobins dénonçaient leurs actes ou ceux des personnes qui les soutenaient.

Gorsas écrivait :

« Ce club (monarchique) ne parle plus que par des bulletins libelles, et des libelles imprimés., par exemple : Un mot à Voreille des honnêtes gens, 4 ou 5 libelles par jour (1). — Les différentes sections, principalement celle du Théâtre-Français, ont fait afficher hier leurs arrêtés contre le Club monarchique (2). »

Le même Gorsas annonçait, le 7 février, que M. de Vénézac, major de la 3’ division, en était membre.

Puis, en février 1791, le Club monarchique de Toulouse faisait de l’agitation. Il y avait des troubles suscités par les royalistes dans le midi de la France ; leur attitude inquiétait la population parisienne. La conspiration des poignards augmenta la haine des patriotes contre les membres du Club monarchique.

Le 28 février 1791, vers dix heures du soir, plusieurs centaines d’individus, nobles ou tout au moins contre-révolutionnaires, en partie membres du Club monarchique, pénétrèrent dans les appartements des Tuileries. Ces gentilshommes répandirent une fausse nouvelle, la mort de La Fayette pendant l’insurrection de Vincennes ; ils prétendirent que le peuple du faubourg Saint-Antoine, en armes, allait venir attaquer le château. Ils dirent au roi : « Sire, c’est votre noblesse qui accourt auprès de votre personne sacrée pour la défendre ». Louis XVI leur répondit : « Votre zèle est indiscret ; rendez vos armes et retirez-vous ; je suis en sijreté au milieu de la garde nationale ». D’autre part, La Fayette, bien vivant, arrive aux Tuileries. « Il reproche aux nobles, en termes peu ménagés, leur coupable entreprise, exige qu’ils lui remettent leurs armes. Les nobles résistent ; ils n’étaient pas les plus forts ; les grenadiers de la garde nationale s’étaient emparés de tous les postes et remplissaient tous les appartements. La Fayette s’adresse au roi, lui parle de l’indignation de la garde nationale, lui montre les inconvénients d’un refus ; le roi, intimidé, confirme l’ordre de La Fayette, invite les nobles à déposer leurs armes sur deux grandes tables placées dans l’antichambre. Ils obéissent (3). »

(1) Courrier de Gorsas, n° IX, du 9 février 1791. (2) Courrier de Gorsas, n" VII, du 7 février 1791. (3) Mémoires de Ferrières, t. II, p. 239.