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« Si, dans de telles circonstances, tous les bons citoyens pouvoient convenir enlr eux de leur respect mutuel pour les loix, de leur amour pour la liberté, de leur horreur pour le crime et la licence, de leur attachement à la constitution monarchique, dès lors votre aristocratie et le vernis de patriotisme qui la couvre sont en grand danger.

— Mais votre dénonciation, et le triomphe momentané qu’elle a obtenu, ne vous en préserveront pas, car vous voilà forcés ou de prouver légalement votre accusation, ou de nous détruire par la force, si nous avons la faiblesse de nous laisser attaquer sans nous défendre. — Si vous ne voulez pas prouver, nous prouverons ; si l’on nous attaque, j’espère que nous userons des droits de l’homme. — Dans les deux cas, la France entière sera bien avertie des vues pacifiques, patriotiques et monarchiques de votre dénonciation. — Voilà donc une imprudence, une impéritie politique qui contrarie tous les principes de la théorie d’une révolution : car il ne faut jamais faire un pas en avant qui en nécessite deux en arrière. — Cromwell ne se laissoit point ainsi entraîner aux applaudissemens des tribunes. Il n’attaqua les monarchistes qu’après avoir fait décréter par son parlement que la Grande-Bretagne se constituoit en république. — Il falloit donc attendre le succès de la doctrine de M. Robert (1), qui nous prouve invinciblement que la France est destinée, par sa nature, à former une république.

«Je ne sais, dans cette grande contestation, quel parti vont prendre les brigades du Palais-Royal ; quelles évolutions leur seront commandées contre notre société dispersée. Mais mon avis est que sa première démarche soit de paroitre à la barre de l’Assemblée nationale, et de demander la permission d’y exposer ses principes et de les faire juger, sauf à poursuivre ensuite M. Barnave, pour réparation de l’injure qu’il lui a faite.

« Mon avis est que la Société continue à s’assembler, même sans l’agrément de M. Barnave ; et que l’on publie dans tout le royaume la tyrannie qu’on exerce dans la capitale contre des citoyens paisibles qui professent leur attachement à la constitution monarchique décrétée par l’assemblée nationale et journellement attaquée par des factieux (2). »

La violence de Malouet, son appel au royaume pour combattre la tyrannie dans la capitale, ne firent qu’augmenter le noml)re des (1) Voir plus haut, p. 174.

(2) En raison de l’ardeur avec laquelle Malouet défendait les principes du Club monarchique, ou donnait aussi ;ï cette société le nom de « Club Malouetiste. »