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Par contre, les Révolutions de Paris (1) accusaient gravement la Société, dans un article intitulé :

« Le Club monarchique^ ressuscité depuis j 5 jours. « Des distributions de pain et d’argent se faisoient dans la rue des Vieilles Tuileries. On demandoit à ceux à qui on en donnoit s’ils étoient en état de porter les armes. On charge le club des monarchistes de toutes ces manœuvres, et avec d’autant plus de raison qu’il renouvelle ses distributions de pain à un sou la livre. Le sieur Stanislas Clermont-Tonnerre, président de la Société, a déjà fait inscrire dans ses registres plus de quinze mille pauvres, auxquels on promet des secours pécuniaires, en les endoctrinant des principes aristocratiques (2). Il n’est pas jusqu’aux femmes qui n’aient semblé vouloir prendre part aux intrigues contre-révolutionnaires : il existe une société de dévotes qui tient en réserve plusieurs millions pour fournir aux frais de la guerre ».

XXIII

Le peuple de Paris voyait dans le Club monarchique un complot ministériel et aristocratique permanent contre la Constitution, tout en invoquant la Constitution elle-même, dont le roi acceptait au fur et à mesure les dispositions votées par l’Assemblée nationale (3). Le 27 janvier 1791, la multitude attaqua, pour ainsi dire, l’hôtel de Clermont-Tonnerre. Une lettre du sieur Dufour, secrétaire de la mairie, annonça le départ du maire pour protéger la maison et la personne de M. de Clermont-Tonnerre (4). Bailly accourut pour empêcher l’émeute. Mais, à son arrivée, cette troupe était dispersée. Le lendemain, Clermont-Tonnerre remercia l’Assemblée nationale, des précautions qu’elle avait fait prendre pour protéger sa maison. Les dénonciations se multiplièrent de plus l)elle. Dans la séance du vendredi 28 janvier 1791, au Club des Jacobins, (1) Révolutions de Paris, du 22 au 29 jauvior 1791. (2) « La société des Amis de la Conslitution a fait un serment, le jeudi 27 janvier, d’exclure de son sein tous ceux qui seroient reconnus pour être membres de la société des Amis de la Constitution monarchique ; et tous les membres se sont engagés de proposer à leurs sections de renvoyer de la garde nationale tous ceux qui seroient reconnus pour être monarchistes. » (Note du rédacteur.) (3) La Constitution ne fut terminée que le 3 septembre 1791, acceptée par lettre de Louis XVI que dix jours après.

(4) Minute, Arch. Nat., C54, n- 535. — Lettre datée du 27 janvier 1791.