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Page:A. Challamel.- Les Clubs contre-révolutionnaires.djvu/200

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(( Séance de la Société des amis de la constitution monarchique. « Du 22 janvier 1791.

« La société a ouvert sa séance par le discours suivant, de M. Dubergier, son président

« Discours du président.

« Messieurs,

« Avant de soumettre à votre discussion les divers objets qui doivent vous occuper dans cette séance, qu’il me soit permis d’arrêter un instant vos regards sur les causes qui ont provoqué notre séparation, sur les circonstances qui l’ont accompagnée, et sur la marche franche et loyale que votre directoire, pénétré de vos principes, a cru devoir opposer aux menées sourdes, aux basses intrigues de ses persécuteurs.

. « Je ne vous parlerai point des vexations particulières que quelques-uns de vos membres ont éprouvées : assis au milieu de vous, honorés de votre confiance, ils sont assez vengés. Mais il existe des faits tellement liés aux intérêts de votre Société, que votre directoire a jugé qu’il étoit important de vous en instruire. Une bouche plus éloquente s’est chargée du soin de vous les présenter : je ne pourrois, en vous en parlant moi-même, qu’affaiblir l’impression qu’il est en droit d’en attendre.

« Une Société dont la loi consacre tous les principes, dont la vertu avoue tous les moyens, et dont le but est le rétablissement de l’ordre, devoit être un sujet d’effroi pour les factieux. Ennemis de la vertu qu’ils outragent, ennemis de la loi qui pourroit les punir, ils ne voient, dans le retour de l’ordre, qu’une époque alarmante pour leur ambition, tandis que l’anarchie qu’ils favorisent leur présente un moyen sûr de prolonger leurs coupables succès. Il étoit juste que de pareils hommes s’élevassent contre la Société des amis de la constitution monarchique ; nous nous applaudirons toujours de mériter leur haine.

« Mais la loi, qui pouvoit seule prononcer notre dissolution, leur offroit-elle un moyen d’y réussir ? Protectrice des droits de l’homme, elle avoit établi les nôtres. Nos principes étoient trop purs, trop publiquement établis, pour qu’il n’y eût pas quelque danger à les combattre. Il ne leur restoit qu’à calomnier nos intentions : c’est ce qu’ils ont fait. La religion de la municipalité a été surprise ; l’ordre de suspendre nos séances a été prononcé ; et cette erreur des dépositaires de la loi a fait présager des triomphes à nos adversaires.