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Page:A. Challamel.- Les Clubs contre-révolutionnaires.djvu/184

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hier au soir. Le sou de pain mis sans précaution dans le bassin qui soutenoit le bonnet de la liberté, a emporté celui où reposoit la couronne, — Pour parler sans figure, les membres de ce club ont voulu s’assembler avant-hier, suivant leur coutume ; mais l’inquiétude qu’avoit causé ce rassemblement a provoqué une a|sez énergique insurrection dans la rue de Chartres, et MM. du club monarchique se sont retirés un peu plus vite qu’ils n’auroient voulu, après avoir ce-pendant et au préalable^ jette un coup d’œil du côté d’un certain district qui leur avoit promis, en cas de besoin, protection et secours. Quelques membres s’étant permis de dire qu’ils reviendroient en force, la réserve de l’hôtel de-ville est accourue (1). » Devant les attroupements, les monarchistes s’étaient dispersés. Corsas annonça aussitôt :

« La dissolution du Club monarchique a fait avant-hier un éclat assez violent pour inquiéter le Roi et sa famille (2), » On savait les sympathies de la cour pour cette société ; on les exagérait peut-être. En tout cas, les zélés la compromettaient. Sur feu le Club monarchique^

Villate écrivit :

« Le Club monarchique n’a séduit personne, pas même ceux auxquels on promettoit le pain à un sou la livre, » Alors, les défections, les plaisanteries accablèrent plus que jamais la défunte société. Les affiliations cessèrent. Par une lettre du 3 janvier 1791, adressée à M. Robert, rédacteur du Mercure National, Hugou (de Rassville), soldat citoyen de la sixième division, se défendit d’appartenir au Club monarchique. Madame Louise Robert, dans le même journal, à la date du 7 janvier 1791, écrivit : « Vois à Paris même ce club monarchique ; quels sont les dieux qu’on y encense ? le fanatisme et la royauté. » Dans le même journal encore, à la date du 1" février 1791, nous trouvons :

« Extrait d’une lettre de Corbeil, en date du 27 janvier. « Vous saurez, monsieur, qu’il s’étoit établi un club à Coi^beil^ affilié à celui des Jacobins de Paris. M. de Clermonl-Tonnerre a voulu, dit-on, qu’il fût affilié à son club monarchique, et sur le refus, il n’a pas voulu le laisser subsister, sous prétexte qu’il ne faut pas de club (1) Courrier de Gorsas, n" 30, du vendredi 31 décembre 1790 ; (ii) Courrier de Gorsas, w 1, du l janvier 1791.