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chouart, le comte de Lally-Tollendal, du Port, de Lusignan, le président de Saint-Fargeau et le comte de Mirepoix, députés de Paris (1). Ces gentilshommes ne cessaient de se considérer comme supérieurs aux députés du tiers état, tout en votant parfois avec ceux-ci. Le journaliste Peltier, auteur du Domine saliuini fac regem^ remarquait, en présence de Montlosier : « On a beau dire, la noblesse a un caractère particulier. »

Du 16 au- 19 octobre 1789, Paris fut infecté de libelles. Les agents de l’aristocratie y prenaient tous les tons, soutenaient le clergé, l’autorité despotique, la noblesse et les parlements, en décriant tous les actes de l’Assemblée nationale, en cherchant à ridiculiser les députés patriotes, les décrets et la garde nationale. Le peuple voyait sans trop de colère ces pamphlets que les libraires étalaient dans leurs boutiques ; mais il ne tolérait pas les réunions des aristocrates, ni leur apparition en groupes dans Paris ; il huait, il menaçait les royalistes ou « royalomanes », dont les écrits qualifiaient de « féroces » les membres de l’Assemblée.

Il y avait les royalistes tempérés et les royalistes exclusifs. Ceux-ci n’admettaient aucune espèce de transaction ; ils affectaient de nommer Louis XVI « le premier gentilhomme de France ». A Yersaillcs, des officiers, parmi lesquels le comte d’Autichamp, parlaient du plaisir qu’ils auraient de jeter toute cette préliniaille d’états-généraux par la fenêtre ; ils ajoutaient : « Ils nous en ont bien fait, mais cette fois nous avons aiguisé nos couteaux (2). » En 1790 parut la brochure : Bon Dieu ! qu’ils sont hèles ces Français (3) ! Dans une autre brochure, Rendez vos comptes, l’auteur accusa l’Assemblée nationale, en disant : « Pourquoi n’avez-vous jamais laissé parler, à votre tribune, que les fous, les intriguants {sic), et les factieux ? » (4). Une autre, intitulée L’antidote contre le schisme, contre les prêtres insermentés, datait de « la seconde année de la persécution » (5). Dans les Bienfaits de la liévolulion^ pamphlet anonyme, sans date, on lisait : « Et comme la nuit ne peut être le jour, de même le caractère naturel et la conscience nationale des véritables Français ne peuvent être les mêmes que ceux des scélérats, qui portent en écrit dans leur cœur et sur leur front : Sept cents despotes^ (1) Bib. (le la Chambre des députés, W" 222 (l.XXXT). (2) Mémoires de Monttosicr, t. I, p. 196.

(3) Df l’imprimerip d’un royaliste (1790).

(4) liib. do la Chambre des députés, W'"> 222, t. XI. Broclnire de 1 p. iii-80j s. 1. ni d.

(5) Bib. (le la Chambre des députés, Bf" 222, t. Xll.