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je te veux… toute à moi… rien qu’à moi d’abord. »

Celle-ci s’était déjà couchée sur sa petite amie et, à son tour, la mangeait de caresses. Insensiblement, son corps pivota, et sans s’être dit un mot, toutes deux s’abordèrent dans un ardent gamahuchage réciproque. Thérèse allongea le bras de mon côté, car elle me devinait vivement excitée par ce que je voyais ; je compris le désir et me plaçant convenablement, je la mis à même de me faire participer, avec son doigt, à leur mutuelle ivresse.

Line partit la première, en serrant convulsivement ses jambes autour de la tête de Thérèse, qui fondit aussitôt ; mais celle-ci ne put se retirer des lèvres de Line, qui ayant saisi son clitoris, le serrait, le tirait, le suçait à la faire crier ; et toutes deux jouissaient encore en rugissant, quand je m’écriai à mon tour : « Oh ! Thérèse… Line… chéries… voilà… oh !… oh !… je meurs !… je meurs !… »

Thérèse se dégagea la première, le visage congestionné, mais heureuse, et elle se précipita sur ma grotte béante pour en aspirer les derniers effluves.

Line était demeurée inerte, anéantie par le plaisir.

Presque aussitôt, sous la langue enragée de Thérèse, je jouis de nouveau, plus abondamment que la première fois ; elle m’épuisa dans une longue aspiration, puis revint s’affaler à mon côté.

J’avais si fortement serré la motte de Line, dans ce dernier spasme, qu’elle fit un mouvement et revint à la vie. « Je suis morte… j’étais au ciel », murmura-t-elle.

Et subitement elle m’enjamba et s’étendit entre moi et Thérèse, dont elle saisit la tête à deux mains, lui disant : « Ah ! ma Thérèse, que je t’aime !… que tu m’as rendue heureuse !… Je n’avais jamais ressenti pareilles délices. Tout ce que j’ai fait avec mes amies ne sont qu’enfantillages ; toi, tu m’as fait éprouver de l’amour… de l’amour véritable, comme on dit que les hommes en ont pour les

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