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tant, et me dit : « Attends, sœurette chérie, je vais te faire mimi ; tu me diras si je fais bien… tu jouiras toute seule… moi je me réserve pour le faire avec Thérèse… Qu’elle me plaît !… qu’elle est jolie !… je ne l’avais pas regardée… Crois-tu que je lui plaise et qu’elle voudra bien avec moi ?… »

— Mais, répondis-je en riant, elle serait bien difficile…

Déjà la gamine s’était blottie dans mon giron et avait commencé sa douce besogne, d’une langue très experte. Les bras allongés, elle chatouillait, de ses deux menottes, les boutons de mes seins. L’un de mes pieds était venu se placer sous son conin, qui se frotta sur ce point d’appui, mais je le retirai quand je sentis l’orgasme se produire, car je ne voulais pas qu’elle s’achevât ainsi. Lorsqu’elle m’entendit pousser un premier cri de jouissance définitive, elle me fouetta, de deux ou trois rapides coups de langue et remonta vers moi. Ce fut sur sa bouche que j’exhalai mes derniers soupirs…

Thérèse entra, portant un plateau sur lequel était notre déjeuner. Au moment où elle allait le poser sur le lit, Line lui passa vivement la main par l’entre-bâillement de sa robe.

— Mais prenez donc garde ! vous allez me faire verser le chocolat sur le lit… Quel petit démon !…

— Ouvrez votre robe, Thérèse !… montrez-moi vos beaux nichons !… Je ne déjeunerai pas avant…

La brave fille me regarda en riant et en haussant les épaules ; puis, reculant un peu, elle ouvrit le haut de sa chemise, exhiba, aux yeux éblouis de Line, sa merveilleuse gorge. « Oh ! que vous êtes belle, Thérèse !… que vous êtes belle ! murmura-t-elle. »

— Allons, vous les avez vus, maintenant : déjeunez tranquillement, et vous aurez du dessert.

Et elle s’en alla.

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