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J’avais redonné pleine lumière. Line était toute rouge ; elle me jeta les bras autour du cou en m’embrassant : « Ne me gronde pas, sœurette, c’est si bon… »

Et, confuse, elle cacha son visage sur ma poitrine. Ma main était retombé machinalement sur sa motte et je la sentais se soulever et se contourner pour demander une caresse…

— Ainsi, tu te… chatouillais ?…

— Oui, me souffla-t-elle à l’oreille.

— Mais tu vas abîmer ta santé, mon enfant !…

— Oh ! je ne le fais pas tous les jours… mais ce soir, j’en ai vraiment trop envie… Cile, ma chérie, je vais te le faire aussi… tu vas voir comme je sais m’y prendre…

Avant que j’eusse pu m’en défendre, je sentais sa petite menotte se fixer, sans hésitation, au bon endroit et l’agacer.

— Oh ! me dit-elle, comme as du poil… tu me le montrera demain, n’est-ce pas ?…

Je ne répondis pas, car l’émotion commençait à m’envahit ; ma main accomplissait la même besogne que la sienne, et Line témoignait par ses soupirs et ses trémoussements du plaisir que lui causait mon doigt, tout en murmurant d’une voix entrecoupée : « Oh ! chérie, comme c’est bon… je t’aime… je fais bien ?… Ah !… plus vite… tiens… je jouis… jouis aussi, ah !… »

— Oh ! ma Cécile, dit-elle en revenant à elle, que c’était bon !… Je n’ai jamais été si heureuse… Et toi, as-tu bien joui aussi ?… Je suis sûre qu’oui… Je l’ai bien vu… Je l’ai senti… ma main est toute mouillée.

— Allons, bonsoir, petite polissonne, dormons…

— Bonsoir, ma Cile… Nous le ferons encore, demain matin, tu veux bien ?…

— Oui, oui, nous verrons… Bonsoir, ma chérie !…

Et nous nous endormîmes, son ventre collé à mes fesses, sa main sur mes nichons.

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