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mes, frissonnant d’impudeur, devant mes yeux éblouis. Dora, plus grande, plus imposante, la taille cambrée nerveusement : des seins petits, piriformes, d’une pureté exquise ; une toison fauve mettant une ombre dorée sur un ventre blanc comme du marbre. Flora, un peu plus petite, plus potelée, les contours plus arrondis : un charme infini émanant de toute sa personne, quelque chose d’alangui et de caressant ; des seins bien ronds, d’une fermeté admirable, un pubis soyeux et rebondi. Quelles belles créatures !

Toutes deux se retournèrent et je pus admirer encore un torse d’une souplesse étonnante, de belles hanches, plus rondes et plus charnues chez Flora, plus vigoureusement accentuées chez Dora, mais d’un dessin également pur, et qui surmontaient chez l’une et chez l’autre deux fesses fermes, élastiques, palpitantes, d’une opulence de chair rappelant celles des femmes de Rubens.

Je me baissai et leur appliquai à toutes deux, à toutes quatre, devrais-je dire, d’ardents baisers, qui s’égaraient jusque dans les sillons entr’ouverts dont je sentais les plis se contracter sous cette caresse nouvelle. En me relevant, je vis mes deux déesses seins contre seins, en train de se passer d’ardentes langues.

— Vous nous avez assez vues, venez au lit, dit alors Flora en entraînant sa compagne sur la couche où je fus en même temps qu’elles.

— Mais un homme aussi est beau tout nu, dit Flora en me couvrant de baisers fous… et en m’enlevant ma chemise.

— Surtout dans cet état, ajouta Dora en riant ; allons, monsieur, fit-elle en s’adressant à maître Jacques, tenez vous un peu tranquille, soyez sage…

Et elle lui donna une petite tape sous laquelle le mutin mit un mouvement de révolte.

— Là, là, reprit la folle, on ne vous veut pas de mal : tenez… et elle lui donna un baiser. Mais attendez votre

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