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reux et fidèles, oui fidèles, malgré vos amusements séparés que vous vous racontez avec tant de candeur, et dont le récit renouvelé fera la joie de vos vieux jours. Me mettrez-vous en tiers dans votre vie heureuse, et voudrez-vous avoir deux femmes aussi tendres, aussi dévouées, aussi amoureuses l’un que l’autre ?… Laissez-moi l’espérer…

Dans quelques jours, je vais rejoindre Cécile à Nice. Il faut maintenant que j’entreprenne la conquête de ses parents pour me faire accepter d’eux comme dame de compagnie et comme amie, après n’avoir été que femme de chambre. Du côté de M. Bativet, je prévois que ce ne sera pas difficile : j’ai des raisons pour le croire encore « gaillard » malgré ses 55 ans. Mais soyez sans crainte : je saurai, tout en le séduisant, le tenir à distance. Quant à votre belle-mère, sa haute vertu et sa fierté de bourgeoisie millionnaire la rendront peut-être plus revêche à cette assimilation ; mais à force de tact, de réserve et d’habilité, je ne désespère pas de réussir.

J’aurai tant de respect, d’égard et de complaisance, qu’elle aussi m’acceptera au bout de quelques temps, me regardera comme étant de la famille, et « la meilleure amie de sa fille ». Du reste ne faudra-t-il pas quelqu’un pour accompagner Valentine, votre ravissante petite belle-sœur, qui va sortir de pension après Pâques ?…

Excusez, cher Monsieur, tout ce bavardage : j’avais vivement besoin de m’épancher dans votre « sein ». J’espère que dans votre prochaine lettre à Cécile, si toutefois vous ne me faites par l’honneur de me répondre directement, vous lui ferez part de l’impression sincère que vous aura causée ma lettre.

En attendant de recevoir de vos nouvelles, permettez-moi de prendre congé de vous en vous assurant, encore une fois, de mon plus affectueux dévouement.

Toute à vous,
Thérèse.



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