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50e ANNÉE. — N° 12509 Le numéro : 30 CENTIMES MARDI 14 MARS 1933


l’Humanité
ORGANE CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE (S.F.I.C.)


FONDATEUR : Jean JAURES 135, rue Montmartre Tél. DIRECTEUR Marcel CACHIN
14 MARS 1883 — 14 MARS 1933

50 ans après la mort de Karl Marx, les communistes, héritiers du marxisme, luttent sur l’ensemble du monde et triomphent en U.R.S.S.



UNITÉ D’ACTION

Karl Marx et l’unité d’action du prolétariat


En ce cinquantième anniversaire de la mort de Karl Marx, au moment où s’impose plus que jamais le front unique du prolétariat contre la bourgeoisie, rappelons ce que fut la position de nos maîtres sur l’unité du parti du prolétariat et sur l’unité d’action de la classe ouvrière. La correspondance de Marx et d’Engels permet d’éclairer quelques aspects nouveaux de ce problème.

Sous le prétexte d’unité, les éléments pseudo-marxistes de l’actuel parti socialiste développent une conception suivant laquelle le parti du prolétariat doit être un conglomérat de tous les courants qui existent dans la classe ouvrière, réformistes comme révolutionnaires de toutes nuances. Ils prétendent aboutir à une prétendue synthèse de ces courants.

Ainsi se développe et prospère le confusionnisme grâce auquel toutes les velléités révolutionnaires des éléments prolétariens de la base du parti socialiste sont paralysées et réduites à l’impuissance. Les agents de la bourgeoisie dans la classe ouvrière peuvent, par contre, y développer largement leur activité l’ensemble du parti socialiste devient de la sorte le principal soutien social de la bourgeoisie.

Cette conception est à l’antipode de la conception marxiste du parti du prolétariat, que Lénine devait par la suite renouveler et développer.

C’est ce que montre notamment l’attitude de Marx et d’Engels envers le Parti ouvrier français dans l’année 1880.

Marx et Engels présidèrent à la formation et au développement du, P.O.F. dont les deux dirigeants, Guesde et Lafargue, furent leurs disciples. En 1880, à Londres, c’est Marx qui dicta à Guesde les considérants du fameux « programme minimum », le premier programme d’un parti ouvrier marxiste à l’échelle nationale. Et depuis, Marx et Engels ne cessèrent d’aider et d’encourager leurs disciples français dans leur lutte contre les courants opportunistes tout en critiquant maintes fois leurs erreurs et leurs faiblesses au cours de cette lutte.

Le courant opportuniste à l’intérieur du P.O.F. était représenté essentiellement par Brousse et Benoît Malon — que Guesde devait baptiser du nom de « possibilistes ». Or, Marx et Engels ne cessèrent de diriger contre Malon, Brousse et Cie, « ce couple d’imbéciles du Prolétaire », les attaques les plus vigoureuses. Et lorsque, le 25 septembre 1882, au congrès de Saint-Étienne, les opportunistes prétendirent liquider l’intransigeance et le « fanatisme des marxistes », Marx et Engels qui, dès le début, avaient considéré la scission comme inéluctable, la jugèrent immédiatement, nécessaire et salutaire.

Dans une lettre à Bebel, datée du 28 octobre 1882, Engels, précisant la position de Marx et la sienne propre, définissait en même temps la position marxiste sur la nécessité de la séparation absolue entre les partis ouvriers et les partis opportunistes.

« En France, — écrivait-il — la scission attendue depuis si longtemps s’est faite. La collaboration de Guesde et de Lafargue avec Malon et Brousse était nécessaire lors de l’organisation du parti, mais ni moi, ni Marx n’avons jamais eu d’illusions sur la durée de cette collaboration. Les divergences sont de principe -la lutte doit-elle être menée comme lutte de classe du prolétariat contre la bourgeoisie, ou bien, peut-on renoncer en opportunistes {traduit en langage socialiste, en possibilités) au caractère de classe du mouvement et au programme, toute les fois que ceci permettra de gagner des voix, des partisans ? Malon et Brousse se sont prononcés pour cette dernière solution ; ils ont sacrifié par là le caractère de classe, le caractère prolétarien du mouvement et ont rendit la rupture inévitable. Tant mieux. Le développement du prolétariat est partout accompagné de luttes intestines, et la France, où un parti ouvrier se crée pour la première fois, n’est pas une exception. Nous autres, en Allemagne, nous avons franchi la première étape de cette lutte, nous en avons d’autres devant nous. L’unité est une chose excellente tant qu’elle est possible, mais il y a d’autres choses autrement importantes que l’unité. Celui qui, comme Marx et moi, a lutté pendant toute sa vie contre les prétendus socialistes plus que contre n’importe qui (considérant la bourgeoisie comme classe, nous ne nous sommes presque jamais livrés à des bagarres isolées avec elle — ne se plaindra pas que la lutte inévitable se soit déclenchée. »

Dans une autre lettre à Bernstein, Engels exprime la même idée :

« L’inévitable est arrivé, les éléments incompatibles se sont séparés. Et cela est bon… Il semble que chaque (souligné par Engels) parti ouvrier d’un grand pays ne puisse se développer que par une lutte intérieure, comme cela est généralement de règle dans les lois dialectiques de l’évolution. »

André FERRAT.


(SUITE EN 2e PAGE, 5e COLONNE)




En 5e et 6e page une adresse de l’Internationale Communiste et des articles sur la vie et l’enseignement de Karl Marx




LE MEURTRE DU PRÉFET CAUSERET

Après les "amis" inconnus les cambriolages mystérieux !


Hier après-midi, le juge d’instruction Roussel a entendu deux des témoins du drame de l’avenue du Parc-Monceau, les docteurs Rabinovitch et Moguilevslri. On sait que ces deux médecins avaient été appelés par Germaine Huot après le coup de feu, et ont assisté aux derniers moments du préfet. Le docteur Moguileyski a déclaré, ainsi que son collègue, connaître depuis longtemps Germaine Huot. Celle-ci ne lui avait pas caché sa liaison avec, M. Ca- mille Picard et avec le préfet Causeret. Les deux docteurs ont également défi" ré que leur cliente était « irritable Lorsque le docteur Moguilevski est ar- rivé dans la chambre. Causeret était éten- du sur le ; dos, les bras écartés, les mains en l’air, agonisant. Lorsque le docteur Rabinovitch arriva, un. peu plus tard, Gauseret était -mort. Germaine Huot leur déclara à ce mo- ment qu’elle avait eu une discussion la veille avec son amant et qu’elle avait tiré sur lui, sans savoir comment. Toutefois, un ’fait « nouveau qui, comme beaucoup d’autres, a été passé sous silence pendant près de 48 heures. Samedi avait lieu, comme nous l’avons dit, la reconstitution du crime au 8 de l’avenue du Parc-Monceau. Or, avant, . un « cambriolage avait été opéré dans un logement contigu à celui de Germaine Huot. Un carreau avait été soigneuse- ment découpé et les tiroirs des sept pièces de l’appartement fracturés et fouillés 1 Cet appartement est loué à un certain colonel encore un officier 1 du nom de Roques actuellement sur la Côte d’Azur. • Un cambrioleur ordinaire n’aurait pas été assez bête pour pénétrer dans cet immeuble qui, depuis l’attentat, doit être surveillé 1 Et qu’aurait-il trouvé dans les tiroirs, l’appartement étant vacant î Ce n’est donc pas là un cambriolage ordinaire. Qui l’a effectué ? Et pourquoi l’a-t-on caché jusqu’à dimanche soir ?7 Que voulait-on enlever ? Comptait-on pouvoir passer de l’extérieur dans l’ap- partement du drame Ne voùlait-on et surtout après là campagne de V Humanité faire disparaître certaines choses, docu- ments ou autres ? Faut-il relier cela : avec l’expulsion ’de la presse peu après, de l’apparteinent, j.. Et pourquoi ce., silence –"un de’ plus "dans cette- affaire dexla police 7 •••• Tout cela joint à ce que nous avons déjà dit sur les doubles carrières de Ger- inaine Huot et de Clauseret démontre en- core plus clairement ce que nous avons affirmé dès le premier jour que le drame de l’avenue du Parc-Monceau est un drame louche du Deuxième Bureau Posons encore quelques questions Qu’a fait Causeret pendant son séjour ù Paris ? Combien de jours y est-il resté ?7 Où habita-t-il ? Pourquoi néglige-t-on cela 2 Et pourquoi n’a-t-on pas encore inter- rogé M. Camille Picard dont le témoi- gnage, semble-t-il, est important ?




Le syndicat unitaire du Nord appelle les mineurs à organiser l’action


« Les journées des 3, 4 et 5 avril ne doivent pas être considérées comme un simple avertissement, mais comme le départ de la lutte des mineurs jus- qu’à complète satisfaction. » Le Bureau syndical unitaire • des mi- neurs du Nord, réuni samedi dernier, à examiné la situation des mineurs et "la décision prise par le Conseil national confédéré du sous-sot d’une déclaration de grève pour les 3, 4 et, 5 avril. Il appelle les ouvriers mineurs à réa- liser leur unité de lutte dans chaque puits et rappelle aux mineurs qu’en tou- tes circonstances il les a alertés sur la nécessité de lutter pour conquérir les re- vendications.’ ’ En, octobre et en décembre’ derniers, notre organisation proposa à ’toutes les sections confédérées et chrétiennes l’or- ganisation en commun de la lutte, pro- positions, qui restèrent sans réponses, mal- gré l’imminence de l’attaque patronale. Ces mêmes propositions d’action, il les adresse à nouveau à l’ensemble des mi- neurs pour que les journées des 3, 4 et 5 avril ne soient1’, pas considérées comme un simple avertissement aux compagnies minières, mais comme le départ de la lutte des mineurs jusqu’à complète sa- tisfaction pour toutes les revendications. Le Bureau syndical unitaire appelle tous les mineurs à assister aux réunions qui seront organisées pour la préparation [il grève, et dans lesquels k-s mili- tants du Syndicat unitaire exposeront



noire" ’position et notre programme de lutte.

Le Bureau syndical unitaire insiste avec force pour que, dans tous les puits, les ouvriers unitaires, confédérés, chrétiens et inorganisés se tendent fraternellement la main et se réunissent pour former, en- semble, leur direction dans chaque puits pour-Ja grive et pour élaborer toutes leurs revendications. Vive la grève des mineurs Vive le front) unique d’action des mi- neurs, qui sera le premier pas vers l’u- nité syndicale et vers la C. G. T. unique de lutte de classe. Le Bureau syndi- cal Moniot V., Mariel H. Bouliez J., Du- jardin L., Farcy- E .

N--B. Mardi, à 16 heures, réunion de tous les militants et délégués mineurs au siège, 7, rue de l’Université, à Douai.



Fraction communiste au Parlement

Réunion à 14 heures, bureau de la fraction.




DES GRACES POUR LA CANAILLE…
LE BAGNE POUR LES MILITANTS !


vos vous rappelez ladi) Owen ?P Oui n’est-ce pas ? "Cette ex-belle femme du « meilleur monde », exaspérée contre son amant le docteur Gastaud, tourna sa fureur contre la femme du docteur et la cribla ’de balles de revolver.

Histoire de se détendre les nerfs.

L’aristocratique meurtrière récolta aux assises de Seine-et-Oise 5 ans de réclusion.

Quand on l’arrêta, elle trouva cela Vraiment « shockjng».

je suis une amie de M. Chiappe, dit-elle.

Cinq ans de réclusion furent transformés en cinq ans de prison.

Par décret da 10 mars, l’amie de Jean-Fesse vient d’être GRACIEE.

C’est le régime I.

V ous rappelez-vous Renucci ? Celui-là n’était pas précisément du « meilleur mondé ». C’est-à-dire qu’il y eût fait excellente figure. Il lire du revolver au moins aussi bien que lad}) Owen.

A Marseille, dans un meeting socjàliste où Duclos portait la contradiction, c’est ce Renucci qui abattit froidement l’honnête, le vaillant militant communiste Carini.

Il n’eut pas besoin, quand on l’arrêta, de dire de qui il était l’ami on le sa- vait. Agent électoral du parti S. F. 1. O., le nervi assassin jouissait des plus puissantes protections dans le clan des politiciens marseillais que domine la pute personnalité de Fernand Bouisson. Les preuves étaient accablantes. On le condamna. Mais voici que nous appre- nons qu’il est LIBERE. Peu nous importe les causesi juridi- ques s’il en est de cette libéra- tion. La noceuse Owen, le nervi Re- nucci, sont libres de par la volonté de la bourgeoisie à laquelle ils appartien- nent. . Et les nôtres restent en prison, au ba- gne, en exil. Marty est « illégal, ». Voilà le scandale 1- Voilà où l’on en est dix mois après les promesses d’amnistie des gauches 1 Les ouvriers en ont assez. Aujourd’hui même, à la Chambre, les communistes se feront l’écho de leur co- lère grandissante. Aussi bien les débats vont-ils porter sur un des chapitres les plus sanglants de la répression capita- liste celui des colonies. A cette heure même, les arrestations se multiplient en Algérie, 200 Malga- ches sont englobés dans le’ monstrueux procès de Tananarive Ducroux dont nous exigeons le transfert en France vient d’être condamné en, Indochine ; 180 Annamites vont être incessamment livrés aux bourreaux des commissions criminelles. La protestation qui s’ élèvera aü- jourd’hui au Parlement aura donc ’il lefaut un profond retentissement parmi les travailleurs. Elle sonnera non seulement comme un cri de haine contre la répression, mais comme un appel à tous d’avoir à agir, d’urgence, pour ar- racher l’amnistie’ intégrale !




Nous voulons l’amnistie pour les 10.000 emprisonnés indochinois


Aujourd’hui, le projet de la loi d’amnistie aux. coloniaux passe à la Chambre. Après le discours cynique qu’a prononcé Albert Sarraut, il y a quelque temps, ill n’est pas nécessaire de prouver que le gouvernement fera tout pour ne pas relâcher les 10.000 emprisonnés indochinois.

En trois ans, rirnpérialisme français transforma l’Indochine en un champ de carnage. Par milliers, les combattants révolutionnaires tombent sous les balles de la Légion étrangère et de la garde civile. Par milliers, les habitants sont massacrés par. les bombardements et les fusillades. Les prisons de l’Indochine regorgent de détenus. Plus de 6.000 personnes sont incarcérés à- Saïgon. Environ 1.500 révolutionnaires sont déportés en Guyane.

Les travailleurs de France ne peuvent pas laisser mourir lentement les détenus politiques d’Indochine. Ils doivent accentuer leur lutte contre la répression. Que partout retentisse l’indignation contre les crimes impérialistes. En masse, ils répondront à l’appel du comité d’amnistie en faveur des Indochinois condamnés, dû à l’initiative de Romain Rolland, du professeur Langevin et d’Henri Barbusse.

L’Humanité assure son concours entier à l’œuvre magnifique que ce comité se propose, afin d’arracher à l’impérialisme français la libération des 10.000 emprisonnés indochinois.


TIEN HANH




Un comité pour l’amnistie aux Indochinois


Sous la présidence d’honneur de MM. Romain Rolland, Henri Barbusse, du professeur Langevin, le 9 mars 1933, au Palais de la Mutualité à Paris, s’est constitué un comité d’amnistie des Indochinois.

Ce comité, composé de Mmes Andrée Violis, Camille Drevet, Gabrielle Duchesne, Autant-Lara, Magdeleine Paz, Mlles Sania, Nguyên thi Suong, De MM.. Louis Roubaud, Pierre Cassac, ingénieur de prospection coloniale Autant-Lara, artiste Victor Margueritte, écrivain Auguste Hamon, Francis Jourdain Rogès, avocat Cordier, du S.R .I ..Didier, du S.R .I. ; Vigué Félicien-Ghaliaye, professeur Prenant, professeur Lahy, professeur ; Jean Longuet, député ; H. Barbusse, fi. Rolland, é’crivains ; Langevin, professeur Marcel Villard, avocat Victor Basch, professeur René Maran, écrivain Maurice Paz, Edmond ïranin, Luc Durtiiin. médecin, Diep van Vang, Bui dinh Nam, Phan van Hue, Nghiem Xuan Toan, Truong quan Thuy, Tran tan Loc, Tra, Ky, ’ Nguyen van An.

Se donne pour but de faire étendre le bénéfice de l’amnistie à l’Indochine et à toutes les colonies, protectorats et pays sous mandats, et d’obtenir l’amnistie pour tous tes Indochinois condamnés pour délits politiques ou pour faits s’étant produits au cours des manifestations politiques et sociales.

Depuis 1929, une répression impitoyable s’est abattue sur l’Indochine. Environ 10.000 condamnés au bagne, à la prison et à la déportation. Des dizaines de condamnations à mort.

En Cochinchine même, colonie française, où les délits politiques ne sont pas légalement passibles de peine capitale, la cour criminelle de Mytho, par son verdict du 20 septembre 1932, . a condamné à mort trois Annamites Nguyen van Can, Pham van Thien et Trinh van 0 parce que ces travailleurs ont été arrêtés, au cours d’une manifestation de paysans.

(SUITE EN 2e PAGE, 4e COLONNE)




L’ALLEMAGNE SOUS LE JOUG


Après les élections municipales de Prusse opérées sous la terreur les crimes hitlériens se multiplient


« L’Allemagne vit à l’heure actuelle dans un état de terrorisme qui touche à la’ tyrannie. »

C’est, ainsi que le journal libéral anglais, Daily Telegraph, expose la situation dans l’Allemagne sous le joug de l’hitlérisme, venant confirmer l’exposé des crimes fascistes que l’Humanité fait chaque jour aux travailleurs de ce pays.

L’incendie du Reichstag, écrit en substance le journal, à détruit ; les plans de Papen-Hugenberg, qui croyaient pouvoir — et les socialistes à la Blum ont soutenu cette théorie mensongère ! — encadrer Hitler. Mais, s’ils s’emparèrent des ministères économiques dans le cabinet, ils ont laissé à Hitler tous les leviers de commande politiques. Goehring a montré ce qu’il pouvait en faire en provoquant l’incendie du Reichstag.

« Rien, écrit le Daily Telegraph, ne saurait convaincre les nationalistes que ce sinistre ne fut pas organisé par le capitaine Goehring pour des fins électorales, au profit d’Hitler. À vrai dire, la théorie selon laquelle l’incendie a été allumé par les mains mêmes d’un communiste n’est acceptée aujourd’hui encore par aucun Allemand responsable.

« La preuve, allèguent ces derniers, c’est que le capitaine Goehring avait eu la précaution de préparer toute une série de mesures répressives, comme s’il avait été informé de l’événement sensationnel qui allait se produire en cette journée fatidique. »

L’Humanité a dévoilé que l’incendiaire, Van der Lubbe, avait reçu 50.000 marks et l’assurance d’être relâché en vertu de l’article 51 du Code pénal.

Et les emprisonnements en masse de militants et d’ouvriers communistes et social-démocrates, les assassinats, les tortures dans les prisons — « les prisons regorgent de victimes et nul ne peut prévoir à quels nouveaux excès les chemises brunes ne vont pas se livrer », écrit le Daily Telegraph — la persécution des juifs, les provocations à la guerre des exaltés hitlériens, sont le résultat affreux de l’odieuse politique du « moindre mal » de la social-démocratie !

Dimanche se sont déroulées les élections municipales en Prusse. La participation au vote a été faible. Mais la censure hitlérienne ne laisse informer que sur les succès fascistes. Le P.C.A. et les social-démocrates ont perdu beaucoup de voix dans les conditions de la terreur. La nouvelle « victoire » nationale-socialiste va avoir de sérieuses répercussions dans la vie communale de toute la Prusse.


(SUITE EN 3e PAGE, 2e COLONNE)




LE GOUVERNEMENT AU "MICRO"


Daladier s’efforce de rassurer les masses frappées par la crise et inquiètes de la guerre

Hier, à 20 h. 30, le président du conseil a parlé devant le micro. Faisant suite à une campagne de presse « optimiste », ce discours de Daladier tend à rassurer l’opinion publique.

Il faut duper les paysans qui, appauvris par la crise, entrent en lutte contre les impôts. Il faut duper les petits commerçants qui manifestent en masse contre une fiscalité trop lourde.

Il faut duper également les ouvriers et fonctionnaires sur qui s’abattent les réductions de traitements et salaires, et qui font les frais du « redressement financier » de la bourgeoisie.

Dès le début de son discours, le président du conseil affirme que « les Français doivent garder une confiance absolue ». Et c’est un rapide tableau de la crise mondiale :

— Au delà des frontières, la crise jette hors de l’usine, des millions de chômeurs…

M. Daladier, qui fait cette constatation pour l’étranger, oublie d’indiquer qu’en France, des centaines de milliers de chômeurs sont privés d’allocations ; et que les paysans ruinés par la crise sont traqués par le fisc, jusqu’à la saisie inclusivement. Son gouvernement ne vient-il pas de faire voter une loi scélérate punissant de trois ans de prison les organisateurs de la grève de l’impôt ?

— Des troubles qui compromettent la paix sociale, poursuit-il, la douloureuse et grave disparition des classes moyennes, l’effondrement des conditions normales de vie, la chute des monnaies et même de celles qui avaient un rayonnement mondial, tel est le tableau profondément attristant que nous offrent trop souvent hélas de grands pays.

Voilà, n’est-il pas vrai ? la condamnation du régime capitaliste.

Sur la situation en France, Daladier s’est montré moins bavard :

Mais il voit dans la « solidité »


CE SOIR, A 20 HEURES 30, SALLE BULLIER
COMMÉMORATION DU 50e ANNIVERSAIRE DE LA MORT DE KARL MARX
discours de Maurice Thorez — lectures de textes de Marx par Paul Vaillant-Couturier
participation de deux chorales, dont celle de l’a.e.a.r., audition des groupes artistiques « masses » et « octobre » et de l’harmonie de Villejuif