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Page:18830318 Le Constitutionnel.pdf/1

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68è ANNÉE — n. 77.
BUREAUX À PARIS : Rue Baillit, no 1. (en face, la Banque)
DIMANCHE 18 MARS 1883.
LE CONSTITUTIONNEL

JOURNAL POLITIQUE, LITTÉRAIRE, UNIVERSEL

Les annonces sont reçues chez MM. FAUCHER, LAFFITE et Cie

place de la Bourse, 8, et au bureau du journal.


PARIS, 17 MARS


BULLETIN POLITIQUE


Le projet de loi relatif à l’augmentation des subventions scolaires a été adopté hier, au Sénat, par 190 voix contre 78. À défaut d’un vote du conseil municipal, ou sur son refus, le préfet pourra d’office pourvoir, par un arrêté, au paiement des frais de construction et d’appropriation de maisons, d’école, louées ou acquises.

Le Sénat a ensuite voté un crédit extraordinaire de 400,000 francs pour l’agrandissement de l’École normale supérieure.


Des affiches rouges, apposées dans le quartie de l’Hôtel-de-Ville, ont annoncé un meeting pour demain dimanche, dans la salle Rivoli-Saint-Antoine. L’affiche porte, comme orateurs inscrits : le citoyen Joffrin, conseiller municipal, et la citoyenne Louise Michel, plus un assortiment de péroreurs anarchistes de seconde catégorie. C’est aux dépens de cette seconde catégorie que la police vient pratiquer des arrestations. Mais elle n’a garde de toucher aux premiers rôles.

Les élèves expulsés du lycée Louis-le-Grand ont reçu, hier, individuellement, notification de leur renvoi.

Cette mesure disciplinaire s’étend sur 127 élèves.

Aucun d’eux, toutefois, n’est absolument exclu de l’Université.

Cinquante ne pourront continuer leurs cours dans les lycées de Paris, les autres sont seulement exclus du lycée Louis-le-Grand, encore un certain nombre de ces derniers pourront être reçus dans cet établissement comme externes.

Les administrateurs, professeurs et maîtres, ont cru devoir envoyer une note rectifiant celle des lycéens à ceux des journaux qui s’en étaient fait l’écho.

Cette note a le tort de débuter par une allusion au « rôle équivoque de certains organes de la presse à propos des désordres qui ont eu lieu au lycée Louis-le-Grand ».

Les rédacteurs de la note eussent été, ce semble, plus convenablement inspirés en se bornant à réfuter d’une façon précise et péremptoire, sans récriminations, sans phrases, les allégations des élèves en ce qu’elles peuvent avoir d’erronée ou d’excessif.

Ils déclarent que « l’administration du lycée a simplement fait son devoir, avec autant de modération que de fermeté, en présence d’actes d’indiscipline, de rébellion et de sauvagerie, dont les causes réelles et les vraies excitations doivent malheureusement être cherchées ailleurs qu’au lycée. »