Page:Œuvres de Walter Scott, Ménard, traduction Montémont, tome 4, 1838.djvu/60

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au travail avant d’avoir pris un repas ; mais pour tout cela, mon vénérable père, j’ai payé une amende pécuniaire à Votre Révérence, et il me semble que, puisque vous vous plaisez à rappeler si exactement ma confession, vous ne devriez oublier ni la pénitence ni l’absolution. »

En faisant allusion aux secrets de la confession, le moine avait violé les règles de son ordre. La réponse du Flamand le déconcerta, et, le trouvant insensible au reproche d’hérésie, il se contenta de lui répondre, quoique un peu confus : « Alors vous refusez de m’admettre à votre conférence avec le Gallois ?

— Révérend père, dit Wilkin, elle ne roulera que sur des matières séculières : si quelque point religieux y était agité, j’implorerais sans délai votre intervention.

— J’y assisterai en dépit de toi, bœuf flamand ! » murmura le moine, mais de manière à ne pas être entendu des assistants ; et à ces mots il quitta les remparts.

Wilkin Flammock s’étant assuré, quelques minutes après, que tout avait été disposé sur les murailles pour donner une idée imposante des forces qui n’existaient pas réellement, descendit dans la petite salle des gardes, placée entre les portes extérieure et intérieure ; il était accompagné d’une demi-douzaine de ses compatriotes, revêtus d’armures normandes prises dans l’arsenal du château. En voyant leurs formes robustes, élevées et vigoureuses, leur posture immobile, on les eût plutôt pris pour des trophées d’un siècle passé que pour des soldats vivants. Entouré de ces figures hautes et inanimées dans une petite pièce voûtée où le jour pénétrait à peine, Flammock reçut l’envoyé gallois : ce dernier fut introduit entre deux Flamands ; ses yeux étaient bandés, mais de manière qu’il pût voir les préparatifs qui se faisaient sur les remparts, préparatifs qui n’étaient effectués que pour lui en imposer. Pour y parvenir, on avait fait en sorte que, pendant la conférence, quelques personnes fissent entendre au dehors des bruits d’armes, des voix confuses, comme celles d’officiers faisant leur ronde, et enfin un certain tumulte qui semblait annoncer qu’une garnison régulière et nombreuse se préparait à repousser une attaque.

Le bandeau qui couvrait les yeux de Jorworth ayant été détaché, car c’était Jorworth en effet qui était chargé des conditions de la capitulation, le même qui avait autrefois présenté les offres d’alliance de Gwenwyn, il regarda autour de lui avec