Page:Œuvres de Walter Scott, Ménard, traduction Montémont, tome 4, 1838.djvu/58

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


maternelle. « Allons, Neil, de l’activité ! que les piques, les épieux et les lances qui se trouvent dans le château soient placés sur les créneaux et pointés par les meurtrières ; coupez quelque tapisserie, formez des étendards, et placez-les sur les plus hautes murailles ; soyez prêts, en voyant mon signal, à battre le tambour et à sonner des trompettes, s’il nous en reste encore ; sinon prenez un cornet, enfin tout ce qui peut faire du bruit. Écoutez, Neil Hansen, rendez-vous à l’arsenal, accompagné de quatre ou cinq de vos compatriotes, et couvrez-vous de cottes de mailles, nos corsets des Pays-Bas ne les effrayant pas autant. Qu’alors ce brigand de Gallois soit amené au milieu de nous, les yeux bandés. Quant à vous, vous lèverez la tête et garderez le silence, et me laisserez converser avec lui ; seulement ayez soin qu’aucun Anglais ne soit présent. »

Le moine, qui, au milieu de ses voyages, avait acquis quelque légère connaissance de la langue flamande, fut sur le point de tressaillir lorsqu’il entendit les derniers ordres de Wilkin ; mais il se retint, quoique un peu étonné de cette circonstance suspecte, et de la dextérité avec laquelle le grossier Flamand basait ses préparatifs sur les règles de guerre et de la saine politique.

De son côté, Wilkin était incertain si le moine avait entendu et compris ce que précisément il voulait lui cacher. En conséquence, pour détruire tous les soupçons que pouvait avoir conçus le père Aldrovand, il lui répéta en anglais la plus grande partie des instructions qu’il avait données, ajoutant : « Eh bien, bon père, qu’en pensez-vous ?

— Très-bien pensé, répondit le père, et vous avez agi comme si, au lieu de tisser du drap, vous n’eussiez fait que la guerre depuis le berceau.

— Ah ! mon père, vous vous moquez, répondit Wilkin ; je sais fort bien que vous croyez, vous autres Anglais, que les Flamands ne pensent qu’au bœuf bouilli et aux choux ; cependant vous voyez qu’il peut y avoir de la sagesse chez un tisserand.

— À merveille, maître Wilkin Flammock, répondit le père ; mais mon cher Flamand, pourriez-vous me dire ce que vous allez répondre à la sommation du prince gallois ?

— Révérend père, dites-moi d’abord de quelle manière sera conçue cette sommation, répliqua Wilkin.

— On vous sommera de rendre immédiatement le château, repartit le moine : quelle sera votre réponse ?