Page:Œuvres de Walter Scott, Ménard, traduction Montémont, tome 4, 1838.djvu/148

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au panache flottant d’un casque, le soldat qui était venu si à propos à leur secours, et qui, appuyé sur ses bras, avait trouvé moyen de s’élever assez pour voir ce qui se passait dans l’intérieur du cabinet.

Rose courut aussitôt à lui : « Allez, allez, mon bon ami ; on vous récompensera dans un autre moment… Allez, partez au plus tôt… mais non, restez à votre poste, et je vous appellerai s’il en est encore besoin… Retirez-vous, et soyez fidèle et discret. »

Le soldat obéit sans répondre un mot, et elle le vit redescendre dans le fossé. Rose retourna alors près de sa maîtresse, qu’elle trouva appuyée sur Gillian, poussant de faibles gémissements et des exclamations inarticulées qui indiquaient qu’elle souffrait encore du choc terrible que quelque cause alarmante lui avait fait éprouver.

Dame Gillian n’eut pas plus tôt repris un peu de calme, que sa curiosité devint active en proportion. « Que veut dire tout ceci ? demanda-t-elle à Rose ; que s’est-il donc passé ?

— Je ne sais pas, dit Rose.

— Si vous ne le savez pas, dit Gillian, qui donc le saura ? Appellerai-je les autres femmes ? faut-il réveiller toute la maison ?

— Ne vous en avisez pas, répondit Rose ; attendons que ma maîtresse soit en état de donner elle-même des ordres ; et quant à cette chambre (que le ciel me soit en aide !) je ferai de mon mieux pour découvrir les secrets qu’elle contient… Soutenez ma maîtresse en attendant. »

En disant ces mots, elle prit la lampe, et ayant fait le signe de la croix, elle franchit hardiment le seuil mystérieux, et, tenant la lumière élevée, elle se mit à examiner l’appartement.

C’était tout simplement une ancienne chambre voûtée, de moyenne grandeur. Dans un coin, était une image de la Vierge, grossièrement sculptée, et placée au-dessus d’un bénitier saxon d’un travail curieux. Il y avait deux sièges, et un lit couvert d’une tapisserie grossière, sur lequel Éveline paraissait s’être couchée. Les fragments de la fenêtre brisée étaient sur le plancher ; mais cette ouverture avait été faite par le soldat normand, et elle ne vit pas d’autre entrée par laquelle un étranger aurait pu pénétrer, la porte étant fermée au verrou.

Rose éprouva l’influence des terreurs qu’elle avait surmontées jusque-là. Elle se hâta de jeter sa mante sur sa tête, comme pour garantir ses yeux de quelque vision effrayante, et, retournant