Page:Œuvres de Philippe Desportes (éd. 1858).djvu/105

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.





DIANE


PREMIERES AMOURS DE PH. DESPORTES


______


LIVRE PREMIER


______


I


Je vous offre ces vers qu’Amour m’a fait escrire,
De vos yeux, ses flambeaux, ardemment agité,
Non pour sacrer ma peine à l’immortalité ;
Car à si haut loyer ma jeunesse n’aspire.

C’est le but de mes vœux, que je vous fasse lire
Le variable estat de ma captivité,
Celebrant vos honneurs si je suis bien traité,
Accusant vos rigueurs si je sens du martire.

Je n’agrandiray point, riche d’inventions,
Vos beautez, vos dédains, ma foy, mes passions :
Il suffira qu’au vray mon crayon se rapporte.

Et puis je n’escry pas pour gloire en acquérir,
Ains plutot je m’écrie au mal qui me transporte,
Ainsi qu’un patient qui languit sans mourir.