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ŒUVRES

vulgaire, le premier signe zodiacal, et le dénominateur de l’équinoxe du printems, comme le taureau, second signe, devint le dénominateur de l’équinoxe du printems, lorsque cet équinoxe fut véritablement dans le bélier ; et maintenant que l’équinoxe du printems arrive lorsque le soleil est dans les poissons, le coucher héliaque du bélier serait encore pour nous le signal de l’équinoxe, si chacun devait être attentif au cours des astres pour se diriger dans ses travaux champêtres.

Aussi Virgile, dans le premier livre de ses Géorgiques, prescrivait de commencer les semailles du printems, non pas lorsque le soleil avait sa position dans le taureau, mais lorsque le soleil était dans le bélier ; autrement, lorsque le taureau aux cornes dorées ouvre tannée rurale, lorsque le taureau se couche en cédant à l’astre du chien qui lui est opposé :

Candidus auratis aperit cum cornibus annum
Taurus, et adverso cedens canis occidit astro.

C’est là le sens de ces deux vers, que n’ont bien compris ni les nombreux commentateurs de Virgile, ni même son traducteur poète, M. Delille, quoique aidé en ce point par l’astronome Lalande. Ils ont cru que Virgile plaçait dans le taureau l’équinoxe du printems ; et les deux vers, unis d’une manière inséparable, signifient qu’il fallait commencer les semailles du printems au coucher héliaque du taureau, lorsque le taureau cède une place, sur l’horizon, à l’astre du chien qui se lève en op-