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LETTRE III AU DUC DE NEVERS
En suite de la précédente.

Sur cette mer d’ime au superlatif
Voguer encor s’imputeroit à rage ;
Puis de ta nef pour, en si long voyage,
Suivre le cours par trop tempestatif,
Besoin seroit d’avoir en patronage
La Grand Serpente avec les gens d’Alquif,
Qui porta jeune et dès son premier âge
Le Damoisel de la mer putatif ;
Mais c’est ici, comme ailleurs, grand dommage
Qu’un si beau conte on répute apocrif.
Notre pilote aussi, devenu sage
Pour à deux doigts s’être vu du naufrage
Par à te suivre être trop attentif,
Et bien recors qu’en ce dernier orage
Prêt à virer il vit son frêle esquif,
Dit que, depuis que le rude abordage
De ton navire à double et triple étage
L’a tant battu dans ce dernier estrif,
Qu’il est sans voile, antenne, ni cordage,
Et dénué de tout conservatif,