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Page:Œuvres de Blaise Pascal, X.djvu/25

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INTRODUCTION

Aux lettres déjà publiées, supra T. IX, p. 377 sqq., nous devons joindre ici cette lettre de la Mère Angélique, adressée à la prieure de Port-Royal des Champs et à la sous-prieure, Jacqueline de Sainte Euphémie (Bibliothèque Nationale, ms. f. fr. 17790, f°. 3og):

Du Vendredy 27. Février 1660.

Ma très chère Mère Nous arrivasmes hyer à trois heures et demie sans aucune peine. Les chemins n'estoient pas encore rompus, les glaces n'estant pas fondues, de sorte que nous allions aussi viste qu'au beau temps. J'eus moins froid que dans nôtre chambre, mais le grand brouillard qui nous reprit dés Voisin m'obligeant à laisser tous nos voiles baissez j'eus fort mal à la teste jusqu'à proche de Paris que je fus obligée de les lever etc. Je n'ay pas laissé de dormir quoy que ma teste ne soit pas encore bien, ni mon corps délassé. Au reste je ne suis pas encore icy n'en ayant pas pris les idées, mais à P. R. proche de vous, de ma S r Euphemie et de tout nôtre monde ; Dieu me fasse la grâce de vous avoir toujours présente devant luy, et d'aller sans cesse à luy avec vous pour y trouver tous nos besoins et la force pour luy rendre ce que nous luy devons. Je vous suplie, ma chère Mère, de saluer toutes nos Sœurs et de les assurer que je ne m'éloigne d'elles que de corps. Je les suplie très humblement de renouveller leur attention à la pénitence véritable et essentielle du Caresme contenue dans la première partie du chapitre de nostre Règle. Je suis fâchée de n'avoir point dit adieu à ma S r N. je vous suplie de luy dire, et que cela m'oblige de prier plus particulièrement pour elle. Je vous

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