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Page:Œuvres de Blaise Pascal, X.djvu/21

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LETTRE DE PASCAL A FERMAT

��connois pour si inutile, que je fais peu de différence entre un homme qui n'est que Géomètre et un habile artisan. Aussi je l'appelle le plus beau métier du monde, mais enfin ce n'est qu'un métier : et j'ay dit souvent qu'elle est bonne pour faire l'essay, mais non pas l'emploi de nôtre force : de sorte que je ne ferois pas deux pas pour la Géométrie, et je m'assure que vous êtes fort de mon humeur 1 . Mais il y a main- tenant cecy de plus en moy, que je suis dans des études si éloignées de cet esprit-là, qu'à peine me souviens-je qu'il y en ayt. Je m'y étois mis il y a un an ou deux par une raison tout à fait singulière, à laquelle ayant satisfait 2 , je suis en hazard de n'y plus penser jamais, outre que ma santé n'est pas encore assez forte ; car je suis si foible que je ne puis marcher sansbaston ny me tenir à cheval. Je ne puis même faire que trois ou quatre lieues au plus en carrosse ; c'est ainsi que je suis venu de Paris icy en vingt-deux jours. Les Médecins m'ordonnent les eaux de Bourbon pour le mois de Septembre, et je suis engagé autant que je puis l'être, depuis deux mois, d'aller de là en Poitou par eau jusqu'à Saumur, pour demeurer jusqu'à Noël avec Monsieur le Duc de Roanes, Gouverneur de Poitou 3 , qui a pour moy des sentimens que je ne vaus pas. Mais comme je passeray par Orléans en allant à Saumur par la

��i. Cf. Pensées, fr. 36, T. I, p. 46, et fr. i44, T. II, p. 70.

2. Vide supra T. VII, p. 33g et suiv.

3. Nous n'avons aucun document qui nous fasse connaître si ce projet fut mis à exécution.

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