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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/47

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TREIZIÈME PROVINCIALE 31

pratique extérieure. Ainsi une opinion qui seroit condamnée sous le nom de pratique, se produit en seureté sous le nom de speculation. Mais cette base estant affermie, il n’est pas difficile d’y élever le reste de vos maximes. Il y avoit une distance infinie entre la defense que Dieu a faite de tuer, et la permission speculative que vos Auteurs en ont donnée. Mais la distance est bien petite de ¹cette permission à la pratique. Il ne reste seulement qu’à monstrer que ce qui est permis dans la speculative, l’est bien aussi dans la pratique. ²On ne manquera pas de raisons pour cela. Vous en avez bien trouvé en des cas plus difficiles. Voulez-vous voir, mes Peres, par où l’on y arrive? Suivez ce raisonnement d’Escobar qui l’a decidé netement dans le premier des six tomes de sa grande Theologie Morale, dont je vous ay parlé, où il est tout autrement éclairé que dans ce recueil qu’il avoit fait de vos 24. Vieillards : car au lieu qu’il avoit pensé en ce temps-là qu’il pouvoit y avoir des opinions probables dans la speculation, qui ne fussent pas seüres dans la pratique, il a connu le contraire depuis, et l’a fort bien étably dans ce dernier ouvrage ; tant la doctrine de la probabilité en general reçoit d’accroissement par le temps, aussi bien que chaque opinion probable en particulier. Escoutez-le donc in præloq. ³n. 15. Je ne voy pas, dit-il, comment il se pourvoit faire que ce qui paroist permis dans

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1. P. [la] ; W. inter hanc veniam.

2. B. [Or] on...

3. W. [c. 3] n. 15. — Cf. ce texte d’Escobar, supra p.18.