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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/41

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TREIZIÈME PROVINCIALE 25

Diriez-vous, 1 mes Peres, qu’il ne faut pas permettre facilement dans la pratique les adulteres ou les incestes? Ne doit-on pas conclure au contraire, 2 puisque Lessius ne dit autre chose, sinon que la pratique n’en doit pas estre facilement permise, 3 que la pratique mesme en peut estre quelquefois permise, quoy-que rarement. Et comme s’il eust voulu apprendre à tout le monde quand on la doit permettre, et oster aux personnes offensées les scrupules qui les pourroient troubler mal à propos, ne sçachant en quelles occasions il leur est permis de tuer dans la pratique, il a eu soin de leur marquer ce qu’ils doivent éviter pour pratiquer cette doctrine en conscience. Escoutez-le, mes Peres : Il semble, dit-il, qu’on ne doit pas le permettre facilement, A CAUSE du danger qu’il 4 y a qu’on agisse en cela par haine, ou par vangeance, ou avec excés, ou que cela ne causast trop de meurtres.

De sorte qu’il est clair que ce meurtre restera tout 5 permis dans la pratique selon Lessius, si on évite ces inconveniens, c’est à dire si l’on peut agir sans haine, sans vangeance, et dans des circonstances qui n’attirent pas beaucoup de meurtres. En voulez-vous un exemple, mes Peres? En voicy un assez nouveau. C’est celuy du soufflet de Compiegne 6 . Car

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1. B. mes Peres, manque.

2. B. [que] puisque.

3. B. [son sentiment est] que [cette] pratique peut estre.

4. B. y, manque.

5. B. [tout à fait] permis.

6. W. Nostis ut Compendii nuper coquorum regiorum præfecto nomine Guillio, Christinæ Sueciæ Reginæ in collegio vestro Regis jussu