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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/372

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ŒUVRES


vostre propre aveu, que celuy qu'ils luy donnent n'est point condamné.

Pour vous le montrer clairement je prendray pour principe, ce que vous reconnoissez vous mesmes, que la doctrine de la grace efficace n'a point esté condamnée, et que le Pape n'y a point touché par sa Constitution¹. Et en effet quand il voulut juger des 5. Propositions, le point de la grace efficace fut mis à couvert de toute censure. C'est ce qui paroist parfaitement par les Avis des Consulteurs ausquels le Pape les donna à examiner. J'ay ces Avis entre mes mains, aussi bien que plusieurs² personnes dans Paris, et entr'autres M. l'Evesque de Montpelier, qui les apporta de Rome³. On y voit que leurs opinions furent partagées, et que les principaux d'entr'eux, comme le Maistre du sacré Palais, le Commissaire du saint Office, le General des Augustins, et d'autres, croyant que ces propositions pouvoient estre prises au sens de la grace efficace, furent d'avis qu'elles ne devoient point estre censurées ; au lieu que les autres⁴ demeurant d'accord qu'elles n'eussent pas deu estre condamnées si elles eussent eü ce sens, estimerent qu'elles le devoient estre ; parce que, selon ce qu'ils declarent, leur sens propre et naturel en estoit tres-éloigné. Et c'est pourquoy le Pape les condamna, et tout le monde s'est rendu à son jugement.

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1. Citation des Cavilli d'Annat, pp. 29 et 30, cf. supra p. 339.

2. W. multi.

3. Cf. ces Suffrages des Consulteurs, supra p. 336 sq.

4. W. uno aut altero superiores.