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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/360

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ŒUVRES


Que ferez-vous à une personne qui parle de cette sorte, et par où m'attaquerez-vous ; puisque ny mes discours, ny mes écrits ne donnent aucun pretexte à vos accusations d'heresie, et que je trouve ma seûreté contre vos menaces dans l'obscurité qui me couvre ? Vous vous sentez frapper par une main invisible qui rend vos égaremens visibles à toute la terre. Et vous essayez en vain de m'attaquer en la personne de ceux ausquels vous me croyez uny. Je ne vous crains ny pour moy, ny pour aucun ¹autre, n'estant attaché² ny à quelque communauté, ny à quelque particulier que ce soit. Tout le credit que vous pouvez avoir est inutile à mon égard. Je n'espere rien du monde ; je n'en apprehende rien³ ; je n'en veux rien ; je n'ay besoin par la grace de Dieu ny du bien, ny de l'autorité de personne. Ainsi, mon Pere, j'échappe à toutes vos prises. Vous ne ⁴pouvez me saisir de quelque costé que vous le tentiez. Vous pouvez bien toucher le Port-Royal, mais non pas moy. On a bien delogé des gens de Sorbonne ; mais cela ne me deloge pas de chez moy. Vous pouvez bien preparer des violences contre des Prestres et des Docteurs, mais non pas contre moy qui n'ay point ces quali-

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1. A. autre, manque.

2. W. astrictus hæreo.

3. Cf. Pensées, fr. 920, T. III, p. 343. « Je ne crains rien, je n'espere rien. »

4. B. [me sçauriez prendre]. — Les Solitaires durent quitter Port-Royal le 22 mars. On décida le 24, que les Docteurs de Sorbonne qui ne souscriraient pas à la censure contre Arnauld seraient privés de leur logement. Le Formulaire était alors tout dressé contre les ecclésiastiques suspects de Jansénisme.