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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/344

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ŒUVRES


teurs, comme ceux qui suivoient les erreurs imputées à Origene, et les derniers, sçavoir ses Defenseurs, comme des catholiques qui ne soustenant aucune de ces erreurs pretendoient qu'Origene mesme ne les avoit pas enseignées [p. 361 sq.].

¹Ne voyons-nous pas encore, Monseigneur, que les jugemens du IV. Concile General, qui est celuy de Chalcedoine et du V. qui fut tenu à Constantinople cent ans depuis, semblent estre differents touchant les escrits de quelques personnes particulieres, qui furent lùs dans l'un et dans l'autre de ces Conciles? Car pour ne parler que du seul Ibas Evesque d'Edesse, la Lettre qu'il avoit escritte à un Persan nommé Maris ayant esté lue dans le Concile de Chalcedoine, où elle est rapportée, les Peres de ce Concile ne la censurerent point, et ne condamnerent point Ibas qui l'avoit escritte : mais se contenterent qu'il eust anathematizé Nestorius. Et cependant cette mesme Lettre ayant esté leuë et examinée de nouveau dans le V. Concile General, elle y fut condamnée d'heresie et jugée digne d'anatheme ; quoy que le Pape Vigile et plusieurs Evesques d'Occident fussent fort opposez à ce nouvel examen : parce qu'ils croyoient qu'il ne se pouvoit faire sans donner lieu aux Eutychiens de décrier le Concile de Chalcedoine, comme ils firent en effet depuis. Mais enfin le Pape Vigile se rendit, et confirma le V. Concile Œcumenique, comme ont fait tous ses successeurs [p. 360].

Et S. Gregoire le Grand estant Secretaire du Pape Pelage II. son predecesseur escrivit au nom de ce Pape une longue lettre aux Evesques d'Istrie, où il monstre, que dans les choses de fait et qui regardent les personnes particulieres, ce qui avoit esté reglé dans un Concile pouvoit estre reveù et jugé autrement par un autre. Ce qu'il confirme par l'autorité de S. Leon en ces paroles : Specialis quippe Synodalium Conciliorum causa est fides. Quidquid ergo prœter fidem agitur Leone docente ostenditur quia nihil obstat si ad judicium revocetur.

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1. Ce qui suit est repris d'un mémoire composé par Arnauld en 1653 (Arnauld, OEuvres, édition de Paris-Lausanne, T. X, p. 705).