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ŒUVRES


s'il en fut jamais, qui estant allé à Mets avec d'autres Ecclesiastiques tres-pieux, troublé de quelque phrenesie, ou tenté par le Diable, estant tres-sain d'esprit et de corps, comme disent les Jesuites, se tua luy mesme. Ils n'ont point rougy de nous accuser publiquement dans un livre de leurs Peres imprimé et publié à Paris en 1645. de l'avoir engagé dans ce desespoir et ce precipice sans resource, en disant : qu'il accusoit d'hypocrisie sa PENITNCE REFORMÉE, lors qu'il se preparoit à ce parricide; quoy qu'il soit constant et que tous les autres qui travailloient avec luy aux Missions sçachent qu'il suivoit une conduite toute commune, et la plus facile qu'on puisse suivre, sans qu'il mist en pratique la doctrine des saints Peres, laquelle mesme il n'avoit point estudiée, sans qu'il eust aucune habitude avec P.-R. ny aucune affection pour cet excellent livre dont ils parlent [p. 345].


ARNAULD. — Seconde Lettre à un duc et pair.

2e Partie, p. 117....... Que si le jugement du grand Pape S. Gregoire, contre l'injustice de ce procedé, dont j'ay parlé dans ma Lettre¹, n'a pas esté capable de toucher ces Ecclesiastiques, qu'ils escoutent encore ces paroles du mesme Pape que je n'y ay pas rapportées, et qui les peuvent faire trembler devant Dieu.

Comme on doit arrester, dit-il, la corruption des heretiques, par le zele d'une foy pure, ainsi l'on doit embrasser l'integrité d'une veritable confession. Car si l'on refuse de croire celuy qui fait une fidelle confession de sa foy, on remet en doute la foy de

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T. III, pp. 290 à 294. Nous n'avons pas trouvé dans quel écrit les Jésuites reprenaient cette histoire pour en tirer argument contre l'auteur des Provinciales.

1. Dans la Lettre à une Personne de condition. Arnauld avait cité une lettre de Saint-Grégoire, V. 15, au Patriarche de Constantinople; dans cet écrit, le saint prenait la défense du prêtre Jean, faussement accusé et condamné comme coupable de la prétendue hérésie des Marcionites.