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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/32

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16 ŒUVRES

p. 343 [Après avoir cité les écrits de Flahaut et de Le Court sur le duel....] Voila les sentimens de vos Casuistes pour justifier la rage des Gladiateurs, et pour flatter les hommes du monde dans l’estime qu’ils font d’un faux honneur, qui ne subsiste que dans les egaremens d’une imagination blessée. Ces Jesuites ne leur mettent pas seulement l’espée en la main pour se deffendre en exposant leurs ames au mal-heur d’une damnation eternelle, mais mesme pour attaquer ceux desquels ils auront receu quelque injure; et pour esteindre dans le sang de leurs ennemis, l’excés de leur impitoyable vengeance. Que s’ils font quelque sorte de restriction dans cette licence prodigieuse qu’ils donnent de respandre le sang humain, ils ne considerent que la Loy du Prince, sans s’arrester à celle de Dieu; et si leurs raisons estoient recevables, il s’ensuivroit que si un meschant Prince favorisoit les duels, ou par une approbation expresse, ou par une tolerance publique; ces abominables combats si contraires à la Loy naturelle, et aux principes du Christianisme, deviendroient des actions innocentes. Ils ne veulent pas que ce soit pour le present perdre l’honneur que de refuser un duel, parce qu’il est deffendu par les Princes, qu’il n’y a point de deshonneur d’obeïr à leurs volontez ; et ils ne comptent donc pour rien la Loy de Dieu qui deffend expressement les meurtres; comme si l’obéïssance qu’on luy rend estoit moins capable d’empescher le deshonneur, que celle qu’on rend aux Ordonnances des Roys de la terre. N’est-ce pas dire aux gens d’espée que la volonté du Prince qui leur deffend de poursuivre la vengeance de leurs injures par les armes, est ou une marque de violence, ou un pur effet de la souveraineté Royale, qui rend criminelles les choses les plus indifférentes, et que sans cette bride qui les arreste, ce seroit une lascheté que de ne pas commettre un crime? [14e Pr. p. 154 sq.].


[ARNAULD]. — Lettre d’un Theologien à Polemarque , 1644.

p. 170.... il est seulement arrivé en cette rencontre ce qui arrive d’ordinaire dans la naissance et le progrés des erreurs, que