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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/309

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SEIZIÈME PROVINCIALE


monde ne dira pas, que vous avez eu peur¹ des Benedictins.

²Je viens d'apprendre que celuy que tout le monde faisoit Auteur de vos Apologies, les desavouë, et se fâche qu'on les luy attribue. Il a raison, et j'ay eü tort de l'en avoir soupçonné. Car quelque assurance qu'on m'en eust donnée, je devois penser qu'il avoit trop de jugement pour croire vos impostures, et trop d'honneur pour les publier sans les croire. Il y a peu de gens du monde capables de ces excez qui vous sont propres, et qui marquent trop vostre caractere, pour me rendre excusable de ne vous y avoir pas reconnus. Le bruit commun m'avoit emporté. Mais cette excuse qui seroit trop bonne pour vous, n'est pas suffisante pour moy, qui fais profession de ne rien dire sans preuve certaine, et qui n'en ay dit aucune que celle-là. Je m'en repens, je la desadvouë, et je souhaite que vous profitiez de mon exemple.

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1. W. ...de acie vos decessisse. — Pascal faisait déjà une allusion mystérieuse aux Bénédictins dans sa quinzième Provinciale, supra p. 305.

2. P'. ajoute ce second post-scriptum. — Sur Desmarets de Saint-Sorlin voir la quinzième Provinciale, supra p. 210, note I. Cet auteur écrivit contre Port-Royal, en 1666, une Response à l'Insolente Apologie des Religieuses de Port-Royal, avec la découverte de la fausse Eglise des Jansenistes et de leur fausse eloquence. Il se fit, la même année, l'auxiliaire de la police ; s'il ne put faire arrêter Arnauld, il trouva du moins et dénonça la retraite de Saci (Cf. Rapin, Mémoires, T. III, p. 361. et aussi Allier, Cabale des Dévots, 1902, p. 225 sqq.)


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