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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/30

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14 ŒUVRES

intueantur personam ipsam cui obediunt, sed in ea Christum Dominum cujus causa obediunt. S. Ignat. epist. de Obedientia 1 [p. 41 sq.].

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1. Arnauld, dans la Fréquente Communion, ch. 45, citait avec éloge les principes de St François Xavier, « ce grand saint, cet homme de Dieu », sur l’absolution, et les opposait à ceux des Casuistes. — En 1690, dans sa Seconde Dénonciation de la Nouvelle hérésie du Péché philosophique, p. 43, il rappellera les avis donnés aux Jésuites par leurs premiers généraux : « On sait le penchant que Votre Compagnie a depuis long-temps aux opinions relaschées. Vos Generaux s’en sont aperçus, et vous en ont avertis ; mais c’a été inutilement. Il y a plus de soixante-dix ans que Mutius Vittelleschi donna cet avis aux Superieurs de votre Ordre. « Il est bien à craindre que les opinions trop libres de quelques-uns des notres, principalement en ce qui regarde les mœurs, ne perdent pas seulement la Societé, mais ne causent de tres-grands maux à l’Eglise de Dieu. Que les Superieurs travaillent donc de tout leur pouvoir à empecher que ceux qui enseignent ou qui ecrivent, n’usent de ces regles et de ces manieres dans le choix des opinions : On le peut enseigner : Cela est probable : Il y a des auteurs qui le soutiennent. Mais qu’ils s’attachent aux opinions les plus sûres, qui sont enseignées communement par les Docteurs les plus graves, et de plus grande reputation, et qui soient les plus propres à entretenir la pieté. » Ce que ce General avoit predit, ce qu’il avoit apprehendé qui ne perdist votre Compagnie, et ne causast de tres-grands maux à l’Eglise, pouvez-vous nier qu’il ne soit arrivé ; soit que les Superieurs n’aient pas assez travaillé pour l’empecher, soit que le mal fut deja sans remede ? Il etoit au moins bien repandu du vivant du P. Jean Oliva, autre General de votre Societé ; car voici l’idée effroyable qu’il en donne dans un de ses sermons (Conc. Tom. 3. Gonc. 29. Part. II) : « A peine, dit-il, suis-je entré dans une maison d’Ecclesiastiques que l’on ne me dise d’abord ; que vous semble-t-il de cette perte si dangereuse et si universelle ? Et lorsque je demande quelle est cette contagion abominable dont ils parlent. Nous parlons, repondent-ils, de cette confusion extreme, causée parmi les Catholiques, par la multitude d’opinions que l’on appelle probables, qui justifient en ces temps-ci les usures de Zachée, l’ambition de Simon, la violence d’Esaü, les murmures des Disciples, les concussions d’Àntiochus, les injustices des Scribes, et si nous exceptons l’impudicité d’Herode et le crime d’Ammon, que ces opinions n’osent autoriser si ouvertement, elles aneantissent tout ce que Dieu a ecrit dans les Tables de Moyse, et tout ce que l’Eglise commande aux fideles. » (p. 159, Ar-