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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/299

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SEIZIÈME PROVINCIALE


pour satisfaire leur passion qu'ils les accusent enfin d'avoir renoncé à JESUS-CHRIST, et à leur baptesme.

Ce ne sont pas là, mes Peres, des contes en l'air comme les vostres. Ce sont les funestes emportemens par où vous avez comblé la mesure de vos calomnies. Une si insigne fausseté n'eust pas esté en des mains dignes de la soutenir, en demeurant en celles de vostre bon amy Filleau, par qui vous l'avez fait naistre¹ : vostre Societé se l'est attribuée ouvertement, et vostre P. Meynier vient de soutenir comme une verité certaine, que Port-Royal forme une cabale secrete depuis 35. ans, dont M. de S. Cyran et M. d'Ipre ont esté les chefs, pour ruiner le mystere de l'Incarnation, faire passer l'Evangile pour une histoire apocryphe, exterminer la Religion chrestienne, et élever le Deisme sur les ruines du Christianisme. Est-ce là tout, mes Peres, serez-vous satisfaits si l'on croit tout cela de ceux que vous haïssez? Vostre animosité seroit-elle enfin assouvie, si vous les aviez mis en horreur, non seulement à tous ceux qui sont dans l'Eglise, par l'intelligence avec Genéve, dont vous les accusez, mais encore à tous ceux qui croyent en Jesus-Christ, quoy que hors l'Eglise, par le Deisme que vous leur imputez?

²Mais qui ne sera surpris de l'aveuglement de

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1. Sur ce « complot de Bourg-Fontaine », cf. Arnauld, Lettre à un duc et pair, supra p. 244 sqq. et Meynier, supra p. 232.

2. B. Le début de l'alinéa est modifié ainsi : « Mais à qui pretendez-vous persuader sur vostre seule parole, sans la moindre apparence de