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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/286

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ŒUVRES


prouvé par vos Docteurs, et mesme par vostre R. P. General, qui est, Que toute sorte de personnes, et mesme les Prestres peuvent recevoir le corps de Jesus-Christ le jour mesme qu'ils se sont souillez par des pechez abominables : Que bien loin qu'il y ayt de l'irreverence en ces communions , on est louable au contraire d'en user de la sorte : Que les confesseurs ne les en doivent point détourner, et qu'ils doivent au contraire conseiller à ceux qui viennent de commettre ces crimes, de communier à l'heure mesme : parce qu'encore que l'Eglise l'ayt deffendu, cette deffense est abolie par la pratique universelle de toute la terre¹ .

Voilà ce que c'est, mes Peres, d'avoir des Jesuites par toute la terre. Voila la pratique universelle que vous y avez introduite, et que vous y voulez main- tenir. Il n'importe que les tables de Jesus-Christ soient remplies d'abomination, pourveu que vos eglises soient pleines de monde. Rendez donc ceux qui s'y opposent heretiques sur le S. Sacrement. Il le faut à quelque prix que ce soit. Mais comment le pourrez vous faire aprés tant de témoignages invincibles qu'ils ont donnez de leur foy? N'avez vous point de peur que je rapporte les quatre grandes preuves que vous donnez de leur heresie. Vous le devriez, mes Peres, et je ne dois point vous en épargner la honte. Examinons donc la premiere.

M. de S. Cyran, dit le P. Meynier². en consolant

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1. B. [Mascar. Tr. 4. Disp. 5. n. 284]. — Cf. ce texte de Mascarenhas, supra p. 253 sq.

2. Cf. ce texto de Meynier, supra p. 232 sq.