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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/244

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ŒUVRES


Cette methode est plus lucrative que le Mohatra des Espagnols, et le Stocco des Italiens : et tout le monde sçait, qu'il n'y a rien tel que les Jansenistes, quand il s'agit de trouver de l'argent ; mais il ne faut pas qu'ils esperent que ces moyens illegitimes tombent jamais dans l'approbation des Casuistes [p. 257].

X. IMPOSTURE.... Advertissement aux Jansenistes. — Puisque vous avez entrepris de reformer la Morale, que ne lisez-vous le livre de la sainte Virginité¹, qui est originairement l'ouvrage d'un de vos Chefs : C'est là que vous trouverez des propositions extraordinaires et brutales, que je ne veux pas publier, non pour vous épargner cette confusion, que vous ne meritez que trop ; mais pour ne point offenser les yeux de mon Lecteur. Il me suffit de vous faire souvenir de la Censure de la Sorbonne sur la p. 59. de ce detestable livre [17e Pr. p. 346].

XII. IMPOSTURE.... Response. — Le Casuiste de la secte Jansenienne... falsifie les Registres du Chastelet au sujet de Jean d'Alba, asseurant que ses Juges approuverent fort l'avis de Monsieur de Montrouge, et toutefois il ne s'en trouva pas un seul, qui le suivist, comme il paroist par la cedule de la

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version de Me de Chavigny, et voit dans cette affaire une « espèce de friponnerie » ; cf. aussi Hermant, Mémoires, T. I, p. 670-697, qui raconte les événements avec une grande minutie, d'après le journal de Dugué de Bagnols ; une lettre du docteur Sainte-Beuve à Saint-Amour apud Rapin, ibid., p. 557; et Sainte-Beuve, Port-Royal, 5e édition, 1888, T. II, pp. 265 et 552-570).

1. L'avertissement de la 29e Imposture cite quelques propositions du « Traducteur du livre de la sainte Virginité, disciple de Saint-Cyran ». — Le livre dont il s'agit a pour titre : De la Saincte Virginité, discours traduit de sainct Augustin, avec quelques remarques pour la clarté de la Doctrine, par Claude Sèguenot, Prestre de l'Oratoire. A Paris, 1638, avec privilège. Ce livre, qui niait la suffisance de l'attrition, fut censuré, dès son apparition, par la Sorbonne. Les Jésuites l'attribuaient à Saint-Cyran. Ce fut à cette occasion que Richelieu fit enfermer Saint-Cyran à Vincennes et Séguenot à la Bastille (cf. Hermant, Mémoires, T. I, p. 78 sqq. et Pintereau, Reliques de Messire du Verger de Hauranne, p. 362).