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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/226

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ŒUVRES


ne sçay pas seulement le nom de ceux qu'a faits vostre Apologiste ? Qu'y a-t'il à dire à tout cela, mes Peres, sinon Meniris impudentissimè, si vous ne marquez toutes ces personnes, leurs paroles, le temps, le lieu. Car il faut se taire, ou rapporter et prouver toutes les circonstances, comme je fais, quand je vous conte les histoires de Jean d'Alba, et du P. Alby² .

Autrement vous ne ferez que vous nuire à vous mesmes. Toutes ³ces fables pouvoient peut-estre vous servir avant qu'on sçeust vos principes, mais à present que tout est découvert, quand vous penserez dire à l'oreille, Qu'un homme d'honneur, qui desire cacher son nom, vous a appris de terribles choses de ces gens-là; on vous fera souvenir incontinent du mentiris impudentissimè du bon Pere Capucin. Il n'y a que trop long-temps que vous trompez le monde, et que vous abusez de la creance qu'on avoit en vos impostures. Il est temps de rendre la reputation à tant de personnes calomniées. Car quelle innocence peut estre si generalement reconnuë qu'elle ne souffre quelque atteinte par les impostures si hardies d'une Compagnie répanduë par toute la terre, et qui souz des habits religieux couvre des ames si irreli-

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1. W. composuisse perhibetur. — Pascal attribuait alors les Impostures à Desmarets de Saint-Sorlin, auteur de l'Ariane, 1632, et de nombreuses pièces de théâtre. Cf. la rectification faite dans le post-scriptum de la seizième Provinciale, infra p. 293.

2. B. du P Alby et de Jean d'Alba. — Sur ces histoires cf. la sixième Provinciale, supra T. V, p. 48 sq. et la quinzième, supra p. 194 sq.

3. B. [vos] fables ; W. istis fabulis.